Ne pas ruiner les firmes pharmaceutiques

Publié le par Yves-André Samère

Ce n’est pas que je veuille du mal à l’industrie pharmaceutique : il arrive en effet que certains médicaments servent à quelque chose. Par exemple, les médicaments homéopathiques, bien qu’ils ne contiennent strictement rien d’autre que de la poudre de perlimpinpin diluée dans de l’eau distillée, sont de si efficaces placébos qu’ils parviennent à soulager les malades imaginaires. De sorte que si Argan avait vécu à l’époque de la firme Boiron, c’est-à-dire aujourd’hui, il n’aurait pas eu besoin des services de M. Purgon.

Mais enfin, les patrons des firmes pharmaceutiques sont comme tout le monde, et aussi habiles que des agents immobiliers, des directeurs de théâtre ou des conseillers en communication, ils pratiquent parfaitement les escroqueries ordinaires.

Mais je sens que vous allez me réclamer un exemple. Allons-y.

Supposons que tel grand laboratoire, que j’appellerai Sanogaran pour ne faire de peine à personne, ait naguère mis sur le marché une drogue, appelons-la Thalidomédiatrice, capable de guérir, disons, la rage. Ou la bêtise congénitale chez les électeurs du Front National. Les années passent, et vient le jour où la molécule active tombe dans le domaine public, si bien que les médicaments génériques ont le droit de l’utiliser pour vendre à leur tour un médicament ayant le même pouvoir, mais beaucoup moins cher. Calamité ! Comment le PDG de Sanogaran va-t-il pouvoir entretenir ses trois maîtresses et payer sa cotisation annuelle au club de golf qu’il fréquente chaque week-end ?

Eh bien, la solution existe : il ordonne à ses chercheurs de modifier un peu la formule de la Thalidomédiatrice, qui remplacera désormais l’ancienne version. Et, dans la foulée, on fera une mise à jour du prospectus afin de soumettre le tout aux services compétents du ministère de la Santé, pour décrocher l’indispensable AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). Au passage, bien sûr, on doublera le prix du nouveau médicament, et on chargera les visiteurs médicaux de placer chez les toubibs le nouveau remède miracle.

Bonheur, on évite ainsi la baisse des bénéfices, et le PDG peut s’offrir une quatrième maîtresse. Peut-être même aller s’inscrire dans un club de golf plus prestigieux.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

K
la thalidomide, de mauvaise réputation, est aussi un des éléments de traitement du myélome multiple.
Une saloperie de maladie !
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Y
Et une saloperie de remède.