Nocturne

Publié le par Yves-André Samère

Franchement, j’en ai marre ! Chaque fois qu’au cinéma ou à la télé, on doit entendre du Chopin, c’est TOUJOURS le Nocturne en mi bémol majeur (opus 9, numéro 2) qui est de sortie. Aujourd’hui, j’ai vu un film, Il poveri milionari, de Dino Risi, ancien (1959) et nullissime, et un pianiste joue ce morceau. Mardi, sur France 2, dans l’émission Secrets d’Histoire consacrée à George Sand, le même nocturne revenait sans arrêt, tel un « Voilà ! » dans la bouche d’un invité sur France Inter. Il y a même eu en 1957 un film entier, The Eddy Duchin story, avec Tyrone Power et Kim Novak, dont il était le thème principal, mis à toutes les sauces par le pianiste Carmen Cavallaro (je vous signale que, malgré son prénom, c’était un homme, comme vous le vérifierez ICI).

Bon, a priori, je ne le déteste pas, ce Nocturne en mi bémol majeur (opus 9, numéro 2). Mais, dites, bande de nazes sous-culturés, vous savez qu’il a écrit autre chose, Chopin, que le Nocturne en mi bémol majeur (opus 9, numéro 2) ? Réduire l’œuvre de cet immense génie à un seul morceau, le Nocturne en mi bémol majeur (opus 9, numéro 2), ça mérite de se convertir au rap.

Je crois que c’est ce que je vais faire, finalement, si j’entends encore le Nocturne en mi bémol majeur (opus 9, numéro 2). Ils ont écrit des trucs bien, Booba et Kanye West ? Je suis à peu près sûr qu’eux, au moins, n’ont jamais rien écrit en mi bémol majeur, et surtout pas sous le numéro 2, opus 9. D’ailleurs, un nocturne, un opus et la tonalité de mi bémol majeur, ils ne savent pas ce que c’est.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

J'ai raison. 06/08/2016 06:39

Pourtant, Sand (dont je n'ai lu que "L'orgue du Titan") et Chopin sont plutôt liés par le prélude opus 28, numéro 15, si on en croit certains récits.

Yves-André Samère 06/08/2016 06:54

Ha ha ! Celui que ce pauvre Bern a appelé le « Prélude à la goutte d’eau ». Le pauvre n’y connaît rien, et jamais Chopin n’a collé de titre à ses œuvres. La plupart des anecdotes rapportées sont fantaisistes. De toutes façons, si je parle du Prélude numéro 2, c’est parce que les cinéastes ne semblent connaître que celui-ci.