Patrick Dils

Publié le par Yves-André Samère

Pour une fois, et si l’on met à part la nouvelle de Richard Matheson que j’ai publiée ICI le 11 janvier dernier, je n’écris pas moi-même mon article, je fais du copier-coller intégral. Il s’agit de la courte préface que l’avocat Jean-Marc Florand, docteur en droit, qui exerce à la Cour d’appel de Paris, a rédigée en préface du récit de Patrick Dils, Je voulais juste rentrer chez moi. Rappelons aux amnésiques ou aux distraits que Patrick Dils, à seize ans, a été arrêté pour le meurtre de deux jeunes enfants, crime dont il était innocent, et que, sur une erreur judiciaire monumentale, il a subi quinze années de prison... et les viols qui vont avec et n’ont jamais causé le moindre cauchemar chez les ministres successifs de la Justice, dont sainte Christiane Taubira, grande humaniste comme chacun sait.

Voici ce texte, auquel, selon mon habitude, je ne change pas une virgule :

 

L’affaire judiciaire dont Patrick Dils a été l’acteur involontaire et la victime, et qui lui a valu de subir injustement quinze ans de détention, est unique à plusieurs titres. D’une part, il s’agit du seul cas connu en France de révision d’une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité ayant été infligée à un mineur de seize ans. D’autre part, il s’agit du seul cas où la révision, en elle-même déjà rarissime, est intervenue si longtemps – quinze ans – après la condamnation initiale, alors que le condamné était toujours détenu et avait déjà passé la moitié de sa vie en prison. Ensuite, il s’agit du seul cas où après l’arrêt de révision, la nouvelle cour d’assises des mineurs désignée pour rejuger Patrick Dils, celle de la Marne siégeant à Reims, a recondamné, contre toute attente, l’accusé, alors que le parquet, pourtant chargé de soutenir l’accusation, avait requis l’acquittement. Enfin, il s’agit du premier cas où un mineur devenu majeur a pu être jugé, non pas à huis clos, mais publiquement, du fait de la promulgation au printemps 2002 de la loi écrite et votée spécialement pour Patrick Dils, même si elle a vocation à s’appliquer à tout autre majeur placé pénalement dans la même situation juridique que lui. Un tel gâchis, qui laisse perplexe l’opinion publique quant aux capacités de l’institution judiciaire du pays des droits de l’homme d’éviter les erreurs judiciaires ou, à défaut, de les réparer rapidement, interpelle tous les citoyens et aboutit à une réflexion plus générale sur les mesures législatives et humaines à mettre en œuvre très rapidement pour qu’un tel désastre institutionnel et un tel drame humain ne se reproduisent plus jamais.

L’expérience douloureuse et tragique de Patrick Dils doit permettre de prendre conscience qu’erreur judiciaire et démocratie ne sont pas compatibles.

Publié dans Justice, Politique

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