Sophia et l’humour belge

Publié le par Yves-André Samère

Impossible de résister au plaisir de citer Philippe Geluck, lequel, au début de son livre Peut-on rire de tout ?, écrit ceci : « Moïse a cru que Dieu lui dictait la Torah au pied du mont Sinaï. Or, s’il avait réfléchi plus loin que le bout de son nez, il se serait peut-être demandé pourquoi Dieu, qui avait été capable de tout créer en six jours, avait besoin d’une sorte de dactylo pour prendre note du mode d’emploi alors qu’il lui aurait suffi de dire “Que la Torah soit ” et la Torah aurait été, même en plusieurs exemplaires, même en plusieurs langues, même reliée en peau de chameau tannée, s’Il avait voulu ».

Une fois de plus, les Belges nous donnent une leçon d’intelligence. J’ai souvent pris la Bible comme cible de mes sarcasmes, et ne suis pas près de virer ma cuti : ce bouquin sacré est un sacré bouquin, mais dans le genre farces et attrapes, et il me restera toujours incompréhensible que tant de gens le prennent au sérieux et en font la règle de leur vie entière. Pourquoi ne pas opter plutôt pour les œuvres complètes de Courteline, ou de Desproges, ou d’Alphonse Allais, ou de Pierre Dac ? La dérision est l’arme la plus redoutable contre les dictatures et les catéchismes. Vous avez entendu, ce matin sur France Inter, la chronique de Sophia Aram ? Sinon, écoutez-la tourner en ridicule les partisans, à la fois, du burkini, et de ceux qui veulent l’interdire : on n’a, en ce mois d’août, pas souvent fait preuve d’autant de bon sens. Il avait tort, Descartes, d’avancer que le bon sens était la chose au monde la mieux partagée : à force de communiquer et de rester connectés, les Français sont devenus idiots.

Par chance, il reste les Belges !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

maxwell 26/08/2016 16:38

La chronique de Sophia Aram est spirituelle, mais à l'instar de notre bon président, elle évite de prendre parti. Dans cette polémique deux attitudes, entre lesquelles je me sens bien embarrassé, peuvent malgré tout être adoptées. Soit on considère que le burkini est un simple bout de tissu, un vêtement comme un autre, et cela rend tout débat effectivement grotesque, soit on estime qu'il s'agit d'un nouveau test de notre capacité à tolérer l'humiliation et l'asservissement de la femme que nous adressent les salafistes, et là on peut imaginer qu'il est légitime de réagir. A chacun de juger.

Yves-André Samère 26/08/2016 17:19

Je trouve qu’elle a bel et bien pris parti, sur le mode « Cause au mur, tu m’intéresses ». Cette polémique ridicule me rappelle les semaines de débats français à propos du mariage homosexuel. Les Belges, chez eux, avaient voté la loi en un après-midi et sans le moindre tapage, quand les Français sont les rois du bla-bla-bla stérile et interminable. Dans un mois, le burkini, tout le monde l’aura oublié, et on sera passés à une autre pantalonnade. Si j’ose dire. Vous remarquerez que, pas embarrassé du tout par ce déluge d’idioties, je me suis bien gardé d’entrer dans ce faux débat. Là, je ne fais que répondre à un commentaire.

cerfeuil 22/08/2016 18:54

Oui, j'ai jubilé à l'écoute de la chronique de Sophia Aram ce matin. Quant à Dieu s'il a créé les Belges AUSSI je suis prêt à lui accorder une once de crédit. Dans les cimetières j'ai du mal à ne pas pouffer de rire à la vue des mausolées érigés à la gloire d'illustres quidams, heureusement la tombe de Desproges est fort modeste puisqu'elle ignore le marbre et permet à un rosier de s'y épanouir (mais il y a longtemps que je l'ai visitée, quid du rosier?).

Yves-André Samère 22/08/2016 19:16

Je vais aller voir.