Canal Plus nouvelle formule

Publié le par Yves-André Samère

En général, les émissions de radio-télévision qui en sont à leur première diffusion, je les regarde pour en avoir une idée. Et, le plus souvent, je m’en tiens là. J’ai donc regardé le nouveau programme de Canal Plus, profitant de ce que l’immensément généreux Bolloré m’a offert deux semaines gratuites (les autres années, c’était un mois, mais le patron est fauché, c’est connu).

Au programme : le Grand Journal, les Guignols, la suite du Grand Journal, le Gros journal (sic) et le Petit Journal, suivi de Catherine et Liliane. Toute la gamme, en somme. Détaillons.

Au Grand Journal, d’où tous les invités politiques sont désormais bannis, dit-on, Victor Robert remplace Maïtena Biraben, virée, et elle ne manquera à personne, vu le degré de vulgarité auquel elle était tombée. Tout le personnel a été renouvelé, sauf Augustin Trapenard, toujours aussi superflu et mal rasé. À la table des animateurs, j’ai remarqué un être hybride, dont je n’ai pas réussi à déterminer si c’était une femme mûre ou un travesti (je blague, c’est bien un homme, Philippe Anselme, et il est né en 1958). Plus une Miss Météo se croyant spirituelle, accumulant les plaisanteries lourdingues, et bornant son travail à l’annonce que si les téléspectateurs voulaient connaître les températures de demain, ils n’avaient qu’à regarder leur téléphone. Ouarf. Le présentateur l’avait, euh... présentée en disant qu’elle descendait en droite ligne du Point Virgule. Elle n’a pas dû courir un grand risque, attendu que le plateau du Point Virgule culmine à environ quarante centimètres au-dessus du parterre. Au point que, si vous êtes assis au premier rang, vous pouvez poser vos pieds sur la scène. Invités à l’occasion de la sortie du film Frantz, après-demain : l’envahissant Pierre Niney, qui a réussi à s’enlaidir davantage en renonçant à se raser, et son réalisateur, François Ozon, qui rate tous ses films depuis vingt ans, mais qui devrait jouer dans ses productions, car lui, au moins, est regardable. Naturellement, on nous inflige la bande annonce de Frantz, que j’ai dû voir une petite vingtaine de fois depuis deux semaines qu’elle passe à longueur de journée dans tous les cinémas de Paris.

Les Guignols ? Pour ne pas changer, on a de nouveau renvoyé tous les auteurs, pour les remplacer par deux inconnus auxquels s’adjoint Arnaud Lemort, pseudo-humoriste qui avait commencé dans Rien à cirer sur France Inter, et dont le talent n’avait jusque là ébloui personne. Il continue donc sur sa lancée. Du côté des personnages et du décor, on a supprimé la salle de rédaction et PPD, et le seul présentateur est le commandant Sylvestre. Un jour, je vous dirai ce que je pense de la ridiculisation de Stallone par les Guignols (ça existe, ce mot, « ridiculisation » ?). Ce qu’on a gardé, en revanche, c’est la très mauvaise idée d’inclure des chansons aussi nulles qu’interminables au sein des sketches, dont la vedette était Donald Trump. Tout de suite, c’est plus sympathique. Globalement, plus le moindre intérêt.

Le Gros Journal, qui dure environ cinq minutes, justifie son titre par le fait que l’animateur est Mouloud Achour, qui est notoirement un peu enveloppé, comme Obélix. Longue interview de Vincent Cassel, agrémentée d’une autre bande annonce, celle du dernier film de Xavier Dolan, Juste la fin du monde, avec tous les acteurs que je ne supporte pas : Marion Cotillard, Gaspard Ulliel, Cassel himself, et Léa Seydoux. C’est dur. Juste la fin des haricots.

Le Petit Journal a sombré dans la fausse audace et l’insignifiance, avec un Cyrille Eldin que désormais chacun qualifie de « connivent » (ce que j’avais fait depuis longtemps), plus flagorneur que jamais, qui, comme chaque jour des années précédentes, avait suivi pas à pas... Emmanuel Macron. Convenez qu’il y avait une forte demande. Eldin n’a eu qu’un trait d’esprit, en s’adressant par delà les ondes à son prédécesseur Yann Barthès : « Yann, si tu reviens, j’arrête tout ! ». Plût à Dieu...

Restaient Catherine et Liliane, dont le sketch est désormais indépendant du Petit Journal. Mais le réalisateur a changé, tout en conservant Thomas Sangler pour l’écriture des textes et la mise en place, et on a inutilement multiplié les déplacements hors de leur bureau. Je n’ai pas remarqué que le texte, du coup, avait été amélioré.

Bien, j’ai été un peu long, mais comme je ne reviendrai pas sur Canal Plus, sauf peut-être pour Groland, il n’y aura pas de récidive.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

C
Y a plus personne , tout le monde a été re..Messier
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Y
Restent quelques fantômes.
G
L'an zéro de canal + qui correspond non à une nouvelle naissance mais à sa mort, pour moi en tout cas et pour beaucoup sans doute cette chaîne est passée dans l'invisibilité, paix à ton (absence d')âme.
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Y
Comme tout le monde est parti ou a été viré (et certains sont morts, comme Alain de Greef), on constate ce que j’avais annoncé : Bolloré est un nouveau Messier.

Requiescat in pace.
D
Parfait. Au moins, on a l'impression de ne rien rater !!!
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Y
Non, rien, vraiment.