Contre le suffrage universel publicitaire

Publié le par Yves-André Samère

Bonne chronique de Thomas Legrand, ce matin sur France Inter. Sa cible n’est pas originale, c’est l’élection du président de la République au suffrage universel.

J’ai toujours pensé que cette lubie de Charles De Gaulle, déjà président et qui tenait à le rester après la fin de son mandat, était une très mauvaise idée. Il savait bien que ce truc grossier – approuvé par référendum selon son habitude –, lui assurait sa réélection, compte tenu de son immense popularité. C’était donc le meilleur moyen d’éliminer ses adversaires – même s’il a connu l’humiliation relative mais sans risques du ballotage en 1965. Le résultat le plus clair a été de transformer la campagne électorale, qui du reste n’avait pas lieu précédemment, en campagne de publicité vulgaire. On en voit le résultat aujourd’hui : les candidats se glissent des peaux de banane sous les pieds, s’injurient par tracts et papillons anonymes (souvenez-vous des petits diamants collés sur les affiches de Giscard par les troupes gaullistes et surtout chiraquiennes sous le commandement de Pasqua), ne prennent seulement plus la peine de rester dans les généralités puisqu’ils s’insultent nommément – Sarkozy raille Juppé, Copé et Fillon donnent le nom de Sarkozy, et ainsi de suite –, dépensent des sommes folles dans des meetings relevant du cirque, et mentent sans arrêt, avançant des promesses impossibles à tenir, et ils le savent, ce qui prouve bien que les électeurs sont tenus pour des imbéciles.

Tant décriée, la Quatrième République était mille fois plus saine. C’était le paradis des compromis, mais on ne pouvait pas rouler très longtemps les citoyens, et le président, choisi parmi les députés, était déjà un élu.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
La proposition de Sarkozy de mettre tous les "fichés S" en centre de rétention est illégale, en tant qu'avocat il ne peut que le savoir. On ne peut retenir ou détenir un citoyen que s'il a commis un délit ou un crime. Ce n'est que pure démagogie, et prendre les citoyens pour des cons.
Comme Trump qui fait des ronds de jambes au président mexicain en lui disant qu'ils sont potes, pour après, la frontière franchie, redire que les mexicains sont des voleurs, des assassins et qu'il leur ferait payer le fameux mur qu'il veut construire. Plus c'est gros, plus ça passe.
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Y
Il est pourtant évident que Trump, ou Sarkozy, ou Copé, ou les Le Pen, mentent comme des arracheurs de dents. Ne pas voir ça, c’est avoir besoin d’un psychiatre.
D
Hélas, oui. Un client, d'une quarantaine d'années, très qualifié dans son métier, chef d'entreprise, bade Trump "au moins, lui, il ne ment pas". Je ne l'ai pas contredit (mais pas approuvé, juste laissé dire), ce n'est pas dans mon intérêt professionnel. C'est là où je me suis rendu compte que ce genre de comportement bassement racoleur marchait, même sur des gens qui paraissent sensés, ou du moins capables de raisonnement.
Y
Tous deux des malades mentaux, on le voit bien. Flatter le peuple dans ses instincts les plus bas, voilà leur spécialité. Mais ça marche, avec une certaine fraction de la population.