Dictature municipale

Publié le par Yves-André Samère

Les années précédentes, Paris Plage ne s’installait sur la rive droite de la Seine que durant quatre semaines. Cette année, on a prolongé les festivités (si l’on peut dire, attendu qu’elles brillaient par leur absence) jusqu’à six semaines.

À présent, on a ôté le sable, récupéré les chaises longues, et supprimé les toilettes et les affiches pour l’exposition d’un peintre du dix-neuvième siècle. Mais les voitures ne sont pas revenues, car la chaussée est maintenant occupée par une longue série de panneaux publicitaires, plusieurs dizaines, toutes vantant les mérites des grandes villes étrangères qui ont une politique écologique. Vous avez compris que la dame aux dents longues dont le nom m’échappe (son sourire évoque celui de MAM, ou d’un grand requin blanc, mais en plus terrifiant) s’y entend en auto-publicité, puisque l’écologie est sa marotte – à laquelle vous êtes priés de croire. Elle a donc décidé toute seule de supprimer une autoroute urbaine de treize kilomètres ; et tout de suite, on respire à pleins poumons, au bord de la Seine. Faut en profiter...

« Halte là ! », vous écriez-vous, « Tu exagères, Yves-André. Il y a un conseil municipal pour mettre son grain de sel dans les affaires de la ville, le maire ne décide pas de tout ! ».

Dieu, que vous êtes naïfs. Vous n’avez jamais mis les pieds dans une séance du conseil municipal, ça se voit. Une fois choisi par les élus municipaux, le maire fait absolument ce qu’il veut, et si un conseiller ou un adjoint renâcle et hurle à l’abus de pouvoir, on a vite fait de priver le casse-pied d’un tas d’avantages, et de son poste d’adjoint s’il en a un. Ça rend docile.

Mais tout ça est normal, nous sommes en monarchie.

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