Le Louvre est un guêpier

Publié le par Yves-André Samère

Lecteurs avides de culture qui dévorez les textes ici présents, je vous préviens : ne mettez jamais les pieds au Musée du Louvre, vous vous en mordriez les doigts ! Aujourd’hui, en ce dimanche grisâtre, j’ai voulu rentabiliser un peu ma carte d’abonnement, et j’y suis allé, téméraire que je suis. Eh bien, cela, aucune bête au monde ne l’aurait fait, sous réserve d’avoir été préalablement avertie.

Mais d’abord, un retour en arrière : je vous avais raconté que, dans ce lieu de perdition, TOUTES les toilettes des hommes sont interdites. Eh bien, cela n’a pas changé, leur accès continue d’être barré par le chariot des femmes de ménage, qui montent la garde farouchement près de leur instrument de travail, et presque partout. Voilà donc une discrimination sexiste dont les journaux féminins parlent assez peu. Mais comme les bonnes fées qui présidaient à ma naissance m’avaient à la bonne et que Carabosse avait posé ses RTT, elles m’ont accordé un don, celui de voir ce que les autres ne voient pas et de trouver ce que personne ne trouve, si bien qu’en un endroit que je garderai aussi secret que celui où Hollande range le code de la dissuasion nucléaire, j’ai déniché les seuls toilettes du Louvre qui ne sont pas interdites au sexe qui se croient fort. Et là, bien entendu, il n’y avait strictement personne. J’ai ainsi noté l’endroit, que je réserverai désormais à mon usage exclusif. Allez, je vends partiellement la mèche : c’est dans le pavillon Sully. Mais ne le répétez pas.

À part cela, j’ai eu un mal de chien à retrouver l’œuvre pour laquelle je m’étais dérangé et que je viens saluer chaque fois que je mets mon nez au Louvre. Mais non, pas la Joconde ni la Vénus de Milo, dont je me fiche autant que de l’avenir d’Emmanuel Macron, qui n’en a aucun, mais cette tête d’enfant dont je vous avais déjà parlé il y a deux ans (et un jour), que l’administration du musée s’est ingéniée à planquer dans un recoin où personne jamais ne met les pieds, et qu’aucun guide ne mentionne. Mais non, ce n’est pas dans les toilettes susdites, ce serait trop beau. À l’origine, on désignait cet enfant comme « Annius Verus, fils de Marc Aurèle », mais des conspirateurs l’ont débaptisé, et il n’est plus qu’un « prince de la famille des Antonins ». Passons.

En réalité, la véritable difficulté, le principal piège du Louvre qui en fait un redoutable guêpier, c’est qu’on y entre facilement, mais qu’il est quasiment impossible de le quitter ! En effet, la sortie donnant sur la rue de Rivoli à partir de la grande salle sous la Pyramide comporte deux escalators. Or le seul qui fonctionne est celui qui descend, mais l’escalator montant et qui doit conduire à l’extérieur est condamné. Pour sortir, vous devez ainsi faire un petit kilomètre dans la galerie marchande, bien au delà de la Pyramide inversée, et emprunter la sortie réservée au peuple – celle où se pressent des tas de gens qui ne sont même pas de mon milieu social.

Pouah !

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