Madame Lincoln

Publié le par Yves-André Samère

« À part ça, madame Lincoln, comment était la pièce ? ».

Cette blague, à mes yeux, a trois vertus : elle est courte, elle est très drôle, et elle est de mauvais goût ! Cela vous étonne que je classe le mauvais goût parmi les vertus ? Sans que j’en fasse une référence, je vous rappelle que Picasso a dit que l’art n’avait rien à voir avec le bon goût. Et il le pensait certainement, à voir ses propres tableaux !

En fait, la blague que je citais en commençant, et que je me ferai un plaisir de vous expliquer si vous ne l’avez pas comprise, aurait pu être lancée autrefois par Pierre Doris, ou Jean-Marc Reiser, ou Pierre Desproges – mais certainement pas par Raymond Devos –, et aujourd’hui par Pierre-Emmanuel Barré (ICI, sa dernière vidéo sur France Inter) ou Patrick Timsit. Et comme je déteste le plagiat, je précise que je l’ai trouvée dans le dernier livre de Christopher Hitchens (1949-2011), Mortality (en français, Vivre en mourant), où il raconte le cancer qui devait l’emporter. Hitchens, que je vénère mais seulement à demi (il admirait Guevara et Lénine, et il a été partisan de la guerre en Irak !), principalement pour son athéisme limitant et son horreur des clichés, était formidablement intelligent, et il écrivait fort bien. Je lui suis à jamais reconnaissant de m’avoir ouvert les yeux sur ce monstre qu’était M(ég)ère Teresa, laquelle vous ferait souhaiter que l’enfer existe afin de lui offrir le seul lieu de résidence qui lui conviendrait.

Soit dit en passant, il s’emporte lui-même contre une expression toute faite et qui traîne partout : lutter contre le cancer. Il affirme à juste titre que le patient ne lutte pas contre sa maladie, c’est la maladie qui lutte contre lui. Et qui gagne généralement !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Julien 26/09/2016 09:51

N'étant pas très au fait de la vie de Lincoln, ou de sa mort que j'imagine liée à cette blague, je suis preneur.
Pour le cancer, c'est un peu plus compliqué: il faut être deux pour lutter. Les cellules cancéreuses se battent pour leur survie, tout autant que l'organisme du malade. Mais je vois l'idée.

Yves-André Samère 26/09/2016 11:50

Abraham Licoln est mort assassiné dans un théâtre de Washington, le Ford, pendant la représentation d’une pièce intitulée “Our American cousin”. L'assassin s’appelait John Wilkes Booth, qui lui a tiré une balle dans la tête. Madame Lincoln se prénommait Mary Todd.