Une lettre de Flaubert

Publié le par Yves-André Samère

Comme je suppose que vous vous passionnez tous pour Gustave Flaubert ET pour l’orthographe, j’ai le plaisir de vous soumettre le texte de sa première lettre, texte auquel, selon mon habitude, je n’ai pas changé une virgule – et ce n’est pas l’envie qui m’a manqué. Elle date du 31 décembre 1830, a été rédigée à Rouen, et elle était destinée à son meilleur ami Ernest Chevalier, né en 1820, alors que Gustave était né un an plus tard. Il avait donc neuf ans (et dix-huit jours).

La voici :

 

CHER AMI,

Tu as raison de dire que le jour de l’an est bête. Mon ami on vient de renvoyer le brave des braves la Fayette aux cheveux blancs la liberté des 2 mondes. Ami je t’en veirait [sic] de mes discours politique et constitutionnel libéraux. Tu as raison de dire que tu me feras plaisirs en venant à Rouen sa m’en fera beaucoup. Je te souhaite une bonne année de 1831, embrasse de tout ton coeur [re-sic] ta bonne famille pour moi. Le camarade que tu mas envoyer a l’air d’un bon garçon quoique je ne l’ai vu qu’une fois [re-re-sic]. Je t’en verrait [re-re-si-sic] aussi de mes comédie. Si tu veux nous associers pour écrire moi, j’écrirait des comédie et toi tu écriras tes rèves et comme il y a une dame qui vient chez papa et qui nous contes toujours de bêtises je les écrirait. Je nécris pas bien parceque j’ai une casse [il voulait dire « une caisse »] à recevoir de Nogent. Adieu répond moi le plutôt possible.

Adieu ; bonne santé ton ami pour la vie,

Réponse le plutôt possible je t’en prie.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :