L’os à moelle, sans Pierre Dac

Publié le par Yves-André Samère

Aujourd’hui, court passage à l’hôpital pour me faire percer la poitrine, en vue de récolter un peu de moelle osseuse dans mon sternum. Rappelons à ceux qui n’étaient pas là que la moelle osseuse fabrique les composants du sang, or le mien est devenu à ce point liquide qu’un de ces jours, je vais m’évaporer rien qu’en écoutant du jazz hot. Mon taux de plaquettes, ces gadgets qui œuvrent dans la coagulation, est tombé au tiers du minimum fixé par arrêté préfectoral, je risque une amende si je continue dans cette voie, et Hollande refusera de me recevoir...

Si un jour on doit faire sur vous ce type de prélèvement, je vous rassure, ça ne fait pas mal. Après une petite piqûre pour anesthésie locale, on vous enfonce un trocart au même endroit (c’est une sorte de grosse seringue), et on aspire deux ou trois fois. Bizarrement, on m’a recommandé de fermer les yeux, je n’ai pas compris pourquoi ; de même que le médecin prescripteur m’avait recommandé de bien manger avant l’examen – on a des habitudes curieuses, dans les hôpitaux. Toujours est-il que la sensation est curieuse, vous ressentez un tiraillement au niveau des épaules, et rien de plus. J’ai eu affaire à deux charmantes internes, qui ont bien voulu, ensuite et à ma demande, me montrer le liquide extrait, vaguement rougeâtre avec une partie blanchâtre. En moins d’un quart d’heure, j’étais libre.

Je dois avouer que je vais si souvent à l’hôpital que, désormais, on m’accueille en fanfare : partout, on accroche des guirlandes et des lampions, la directrice de l’établissement, sous les applaudissements du personnel, m’invite à couper un ruban, et on passe mes deux chansons préférées, La fessée, de Georges Brassens, et Don’t stop me now, de Queen. Le ministre s’était fait excuser (je sais bien que c’est une femme, mais je ne vais tout de même pas écrire qu’elle « s’est FAITE excuser », je laisse aux cancres et à Didier Porte ces horribles fautes de français – et pardon pour le pléonasme).

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 11/10/2016 15:42

J'ai connu cela récemment, mais ce n'était qu'une petite clinique : ah, bonjour, comment allez-vous ? (comme si tout allait bien quand on se retrouve dans cet endroit, mais l'intention y était). Formalités inexistantes (on a le dossier, rien n'a changé ? Non).
Je ne sais pas pourquoi, j'avais imaginé plutôt un os comme le fémur ou le bras : un bon gros os. En y réfléchissant, avec le sternum il n'y a pas de muscle à traverser, donc c'est moins invasif.

Yves-André Samère 11/10/2016 17:20

Le fémur est le plus gros os du corps, on ne le transperce pas comme ça. Ou alors, avec une perceuse électrique.

Je n’ai pas eu non plus de formalités. On ne m’a pas demandé ma carte vitale, et j’étais déjà enregistré à l’accueil.

cerfeuil 11/10/2016 13:21

Vous avez écrit, plusieurs fois, n'être pas choquable. Vraiment ce n'était pas du flan! Et vous disposez d'une arme puissante, l'humour.

Yves-André Samère 11/10/2016 13:31

On ne peut pas me choquer en disant (ou en écrivant) des gros mots, par exemple, ou en montrant des nudités. Mais je confesse que certains mots et expressions comme “incontournable” ou “c’est pas évident” – mis pour “c’est difficile” – provoquent chez moi des crises d’urticaire.

L’humour a eu ses maîtres, et une explosion de rire laisse dans les mémoires davantage de traces que l’explosion d’une grenade défensive.

kotec 11/10/2016 13:03

A vous lire , c'est du H²SO4 qui coule dans vos veines, surtout pour les gens de radio. Je vous approuve souvent .

Yves-André Samère 11/10/2016 13:08

Je confirme. “Tout ça, c’est l’éducation”, comme a dit Pierre Desproges dans son “Réquisitoire contre Jean-Marie Le Pen”.