Les deux imposteurs : Mitterrand (1)

Publié le par Yves-André Samère

De Gaulle et Mitterrand avaient en commun leur comportement en public : ils ne toléraient pas la familiarité, et pensaient incarner la France. On imagine mal, si les smartphones avaient existé de son temps, De Gaulle acceptant de faire des selfies dans la rue avec n’importe quel passant, ou Mitterrand tolérant d’être embrassé par n’importe quelle commère – toutes activités quotidiennes chez Hollande. De même, aucun des deux n’aurait passé autant de temps à livrer ses confidences à des journalistes. Sur Mitterrand, on raconte cette petite histoire que je crois authentique : après son élection à la présidence, un de ses anciens camarades du Parti Socialiste lui demande si on peut continuer de le tutoyer ; et le nouveau président de lui répondre « Si VOUS voulez ! »... Je rappelle que nul, pas même sa femme ou ses enfants, ne tutoyait De Gaulle, à l’exception du maréchal Juin.

Mais Mitterrand, qui avait publié contre De Gaulle un livre sanglant (et son seul bon livre), Le coup d’État permanent, ne sut pas résister à la tentation de l’imiter en tout. Et son accession à la présidence de la République fut en quelque sorte calquée sur celle qui avait permis à De Gaulle de revenir au pouvoir : il usa de l’imposture pour se hisser sur un marchepied. Pour De Gaulle, cela avait été les Français d’Algérie, qu’il dupa de façon cynique en leur promettant de conserver l’Algérie française ; pour Mitterrand, qui n’avait plus cet expédient à sa disposition, ce fut plus modestement le Parti Socialiste qui lui servit d’escabeau.

Mitterrand n’a jamais été de gauche. Mieux : il méprisait la gauche, et avait milité dans sa jeunesse pour l’extrême droite, en soutenant la Cagoule, autrement dit, l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale, qui sévissait en France dans les années 1930, et dont le drigeant le plus connu était Eugène Deloncle, ami d’Eugène Schueller, le fondateur de l’Oréal et père de Liliane Bettencourt. Notez qu’après la guerre, c’est Schueller qui donna à Mitterrand le seul travail qu’il ait jamais effectué, diriger... un journal de mode, « Votre beauté » (authentique !). On sait aussi que Mitterrand, au temps où Pétain dirigeait le pays depuis Vichy, avait sollicité et obtenu la Francisque, décoration créé par l’abominable maréchal collabo, celui qui promulgua les lois antijuives dès le 3 octobre 1940, alors que les nazis ne lui avaient rien demandé !

Bref, après une longue préparation et bien des déboires, Mitterrand parvint à éliminer tous ceux qui lui faisaient obstacle à la tête du Parti Socialiste, notamment Michel Rocard, qu’il haïssait parce qu’il lui était supérieur et qu'il était sincère, et, enfin estampillé homme de gauche officiel, parvint à se faire élire à l’Élysée, où il commit les pires turpitudes, sans jamais cesser de faire entretenir par des valets sa réputation de grand homme de gauche, laquelle dure encore.

Mais on n’oubliera pas l’attentat bidon contre sa personne et son exclusion du Sénat pour avoir tenté de tromper la police et la justice, les trois suicides qu’il provoqua durant sa présidence, pas plus que son amitié avec René Bousquet, le patron de la police durant l’Occupation, et qui livra aux nazis plus de quatre mille enfants juifs que les nazis ne réclamaient même pas, et qu’on expédia à Auschwitz. Pas un n’est revenu.

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