Les deux imposteurs : Mitterrand (2)

Publié le par Yves-André Samère

Hier, Hollande est allé pérorer au Louvre. Prétexte : c’était le centième anniversaire de la naissance de Mitterrand. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, les socialistes, à déifier ce « triple imposteur », comme l’avait qualifié Philippe Meyer (imposteur littéraire puisqu’il n’a écrit aucun livre relevant de la littérature, en dehors de ses commentaires politiques ; imposteur politique, puisque, homme viscéralement de droite, il a feint d’être socialiste, pour mieux s’emparer du pouvoir ; imposteur enfin sur le plan humain, car ce vicieux s’est comporté comme un malfrat avec ceux qu’il méprisait, comme ce pauvre Rocard) ? Ils sont frappés d’amnésie, les socialistes, ils ont tous oublié que, pour avoir monté contre lui-même un attentat bidon avec la complicité d’un député de droite, Robert Pesquet, puis, le canular dénoncé par un journal, avoir insisté pour faire comparaître son complice devant la Cour d’assises (à une époque où l’assassinat était passible de la peine de mort), Mitterrand avait été privé par le Sénat, où il siégeait, de son immunité parlementaire ?

En réalité, on crédite constamment Mitterrand de trois réalisations : la dépénalisation de l’homosexualité, l’abolition de la peine de mort, et les « grands travaux ». Disons tout de suite que les deux premières ont été faites à l’initiative de son ministre de la Justice, Robert Badinter, et qu’il convient de nuancer la troisième, surtout motivée par sa vanité, qui lui soufflait de se faire surnommer « le bâtisseur ». Or la plupart des édifices qu’il a fait construire sont notoirement ratés : l’Arche de la Défense, l’Opéra de la Bastille, et le Louvre. Seul l’Institut du monde arabe tient la route, c’est sans doute pourquoi il reste ignoré des Français et ne sert guère qu’à fournir un point de chute à des politiciens au chômage – en ce moment, Jack Lang.

Raté, le Louvre, qui n’a jamais connu autant de visiteurs ? Oui, car ces visiteurs, essentiellement asiatiques, s’agglutinent devant la Vénus de Milo et la Joconde – devant lesquelles ils prennent des dizaines de selfies –, et ignorent tout le reste. Les Français, surtout s’ils ont connu le Louvre avant les transformations, sont écœurés par les choix lamentables de l’architecte d’origine chinoise Ieoh Ming Pei. J’explique.

Avant les transformations, entrer au Louvre était dérisoirement facile, car le musée possédait cinq ou six entrées qui toutes ouvraient sur la cour, quasiment de plain-pied. Par exemple, si vous décidiez d’aller voir les Antiquités grecques et romaines, vous y aboutissiez rapidement, facilement, et sans avoir à grimper plusieurs étages. Intolérable, pour un génie comme Peï ! Lui décida qu’on ne garderait qu’un seule entrée principale (sauf une pour les abonnés), au centre de la cour, et sous une pyramide de verre. Je n’ai rien contre les pyramides, à ce détail près que cette entrée unique vous expose à la pluie ou au soleil torride, selon la saison – inconvénient que vous n’aviez pas auparavant. De plus, la pyramide ouvre sur un escalier conduisant à une immense place souterraine, là où se trouvent les guichets, les toilettes et l’accès à une enfilade de commerces, qui n’existaient pas auparavant, et on devine que là était le but caché. De sorte qu’avant d’avoir vu la moindre œuvre, vous êtes à trois étages au-dessous du musée ! Il ne vous reste plus, si vous désirez admirer des tableaux ou des sculptures, qu’à vous orienter comme vous pourrez dans un labyrinthe de couloirs et d’escaliers (escalators et ascenseurs sont rares), après avoir choisi lequel des trois ensembles vous voulez voir : Sully, Denon ou Richelieu... qui ne communiquent plus entre eux. Et donc, pour passer de la Vénus de Milo à la Joconde, il vous faudra redescendre d’abord au niveau le plus bas.

Chaque fois que je vais au Louvree, je tiens à faire un passage par la salle 27 des Antiquités grecques et romaines afin d’y revoir mon œuvre favorite, mais, bien qu’elle se trouve au rez-de-chaussée, je dois désormais... grimper trois étages. Décourageant.

Merci, Peï et Mitterrand !

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