Pierre Tchernia et Claude-Jean Philippe

Publié le par Yves-André Samère

Hier soir, France 2 a consacré une courte émission à Pierre Tchernia, mort il y a quatre jours. Prévue pour durer cinq minutes, elle a occupé vingt-cinq minutes, après l’émission médicale du jour. Je l’ai trouvée honorable, mais la chaîne s’honorerait en programmant au moins l’un des quatre films réalisés par Tchernia.

Une séquence m’a intéressé, elle montrait Tchernia présentant un programme de Noël, qu’il a longtemps réservé aux films de Walt Disney. On le voyait donc devant un panneau affichant les douze films prévus pour la soirée, et que les téléspectateurs pouvaient choisir en téléphonant. Or deux de ces titres étaient casse-gueule, car ils contenaient des mots que les Français ne savent pas prononcer : Peter Pan et Le livre de la jungle. Il se trouve que Pan et jungle ne se prononcent pas comme ils s’écrivent en français ! On doit entendre respectivement « panne » et « jongle ». Et de cela, Tchernia s’est parfaitement tiré. Il faut dire qu’il appartenait à ce genre d’individu qui joignait les connaissances à la rigueur. On n’en trouve guère, à la télévision.

Au fait, le 11 septembre, Claude-Jean Philippe était mort, lui aussi, et, sur la même chaîne, il présentait le ciné-club chaque vendredi, la seule émission qui passait des films en version originale – outre les débats qu’il animait chaque semaine dans un cinéma de Paris. Mais les médias ont à peine cité son nom, et on n’a surtout pas dit que ledit ciné-club avait été suppprimé par Jean-Pierre Elkabbach, quand ce dernier s’était installé dans le fauteuil présidentiel de France Télévisions. Après ce sale coup, ne restait plus, pour voir des films en version originale, que le Cinéma de minuit, tenu à bout de bras par Patrick Brion, qui ne sera pas éternel, puisqu’il va sur ses soixante-quinze ans. Mais il vaut mieux parler de Kim Kardashian, c’est beaucoup plus intéressant, et on ne va pas tout de même pas critiquer Elkabbach.

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