« Portable », un téléphone ?

Publié le par Yves-André Samère

Les Français se croient et se veulent originaux. Aussi se singularisent-ils en utilisant des mots dont nulle part ailleurs on ne veut. Ainsi du téléphone. Partout dans le monde, et croyez bien que j’ai vérifié, on qualifie cet engin de « mobile », ce qui correspond parfaitement à son usage : être employé n’importe où. Or nos chers compatriotes s’obstinent à le dire « portable », ce qui est assez saugrenu.

Réfléchissons. Un smartphone, on le garde dans une poche : de son pantalon, de sa veste, de son sac, etc. Ainsi, on pourrait le dire « empochable », mais ce mot a l’inconvénient d’être trop long pour les gens pressés que nous sommes. En revanche, « mobile » a une syllabe de moins, pourquoi ne pas s’en servir ?

Portable ne convient pas. Selon la légende, Jésus aurait porté sa croix, ou plutôt la partie supérieure de cet instrument de supplice, qu’on n’aurait pas l’idée de comparer à un téléphone, en raison de son poids et de ses dimensions modestes. Est-ce que vous diriez que votre mouchoir, vos clés, ou votre briquet si vous êtes fumeur, sont des objets « portables » ?

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