V.O. contre V.F.

Publié le par Yves-André Samère

Après la diffusion sur Canal Plus des deux premiers épisodes de The young pope, on ne trouvait en téléchargement (illégal) que la version doublée en français, qui m’avait fait assez mauvaise impression. Le ou les traducteurs ne sont pas mentionnés au générique, et ça vaut mieux, car ce sont des brêles. Voir plus loin.

Heureusement, j’ai pu trouver hier la version originale de ces deux premiers épisodes, de source probablement allemande puisque les annonces finales sont en allemand. Les sous-titres en français respectent fidèlement le dialogue en italien et en anglais, et les deux traductrices, Charlotte Laumond pour l’épisode 1 et Géraldine Le Pelletier pour le suivant, n’ont pas ressenti le besoin d’étaler leurs habitudes langagières et ont respecté le texte à la lettre. On n’a donc pas lu que le pape disait qu’au Vatican on doit bosser, et que Dieu était le médoc idéal.

Les dialogues de la version doublée en français, eux, étaient lamentables et traduisaient l’inculture des traducteurs. Ainsi à plusieurs reprises, on a entendu un personnage donnant au pape du « SA Sainteté », ce qui est une offense, à la fois au protocole et à la syntaxe. Parler ainsi au pape sous-entendait donc qu’il y avait au Vatican une autre sainteté ? (Oui, je sais, en ce moment, il y en a bien deux, mais c’est un cas spécial)

Rappelons à ceux qui n’étaient pas là que lorsqu’on parle au pape, la SEULE façon de l’interpeller est de lui dire « Très saint père » (sans majuscules ni tiret, si on l’écrit). C’est sans doute un peu lèche-bottes, mais cela ne trahit pas la langue.

À part cela, on voit un pape assez surprenant, qui, dans l’épisode 2, envoie bouler la directrice de communication désireuse de mettre en vente des produits dérivés (assiettes et autres) à l’effigie du pontifex. Or, contrairement à tous ses prédécesseurs, et notamment cet histrion de foire qu’était Jean-Paul II, qui montrait partout sa tronche, Pie XIII refuse d’être filmé ou photographié, et, lors de son premier discours en public, ne se laisse éclairer qu’en contre-jour, apparaissant ainsi en ombre chinoise. Et, aux manifestants qui lui crient de montrer son visage, il martèle que, pour cela, il les méprise !

On aimerait voir et entendre cela un jour, et en vrai. (Pas seulement au Vatican !)

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 30/10/2016 12:54

Tiens, c'est intéressant, cette histoire de ne pas montrer son visage ! Là, ça me plaît. Elevée dans un milieu catholique, très tôt j'ai été révoltée par le "sanctuaire de Lourdes" (je devais avoir 8 ou 10 ans), uniquement voué à la vente de colifichets religieux, qui débordaient dans les rues. Les démonstrations de dévotion (pleurs, chemin de croix sur les genoux, et ledit chemin de croix est largement en pente, on est en montagne, etc.) m'horripilaient. Ce sentiment n'a pas diminué, car j'habitais à 50 km de Lourdes, et les curés nous y traînaient tous les ans. De quoi, enfin sur moi, dégoûter définitivement toute velléité d'une quelconque dévotion !
Alors JPII et ses démonstrations m'a toujours crispée, autant que la dévotion de ses "fidèles".

Yves-André Samère 30/10/2016 13:10

Je suis allé deux ou trois fois à Lourdes, et c’est assez répugnant, je confirme. La machine à sous fonctionne à plein temps. Dire que Jésus racontait qu’on ne pouvait pas servir à la fois Dieu et l’argent !... S’il revenait aujourd’hui, le Vatican serait le premier à l’envoyer au Golgotha.