Astronaute, cosmonaute, spationaute, taïkonaute

Publié le par Yves-André Samère

Ce matin, mon ami Albert m’a communiqué une curiosité, un article commentant un téléfilm diffusé sur Arte et que vous trouverez ICI. Il y est question de Thomas Pesquet, ce Français qui s’est embarqué il y a quatre jours pour un voyage de plusieurs mois dans l’espace. Or les mots-clés (les tags, quoi !) qui suivent cet article le qualifient d’« astronaute ».

Blasphème ! Il se trouve que ce terme serait en contradiction avec la dénomination adoptée officiellement en France, où l’on DOIT dire « spationaute ». En réalité, on dit « astronaute » aux États-Unis, « cosmonaute » en Russie et « spationaute » en France. Chouette, c’est le retour de la Tour de Babel, avec les linguistes nationaux qui se prennent pour Dieu !

J’ai eu la curiosité de rechercher ce qu’en pensent les Chinois, et n’ai eu aucun mal à découvrir qu’au pays des Cent fleurs, il fallait plutôt dire « taïkonautes », mot dérivé de tàikōngrén, vu que là-bas, tàikōng désigne l’espace ou le cosmos, et que rén désigne un homme. Mais vu qu’ils le disent en chinois, on ne les imite pas dans les radio-télés bien de chez nous.

Il y a bien une autre explication, toute personnelle : les Français adorent se singulariser en utilisant des mots que nulle part ailleurs on n’emploie. Ainsi, pour désigner un téléphone cellulaire, ils disent « portable », alors que : 1. personne au monde n’emploie ce mot (j’ai vérifié, vous pensez bien !), et 2. si les Anglophones utilisent le terme technique cellphone, dans tous les autres pays, on parle de mobile. Normal, on ne « porte » pas un téléphone comme on porte des vêtements ou un chapeau, on l’empoche ou on le range dans son sac. Diriez-vous que votre mouchoir ou vos clés sont « portables » ?

(Et je ne dis rien du ridicule incontournable, absolument absent de TOUTES les langues de la planète pour cause d’inutilité)

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