L’ennemi Fillon

Publié le par Yves-André Samère

J’ai sans doute eu tort d’écrire, il y a quelques jours, que Sarkozy avait été un ennemi qu’il fallait abattre, alors que Fillon n’était qu’un adversaire. Or, tout bien réfléchi, c’est peut-être le contraire ! Expliquons.

Sarkozy n’a aucune doctrine, tout le monde le sait. Il était donc susceptible – et très capable – de changer d’avis à tout instant, sous l’influence des sondages d’opinion. Ce trait de caractère le rendait passablement ridicule, mais pas vraiment dangereux, puisqu’il pouvait s’amender si le souci de son image l’y contraignait.

Fillon, au contraire, en « bon » catholique, incarne la droite dure, et tout ce qu’il dit prouve que, froid comme la banquise, il ne variera pas d’un iota dans ses intentions. Or on les connaît, à présent, ses intentions : raboter la Sécurité sociale, virer cinq cent mille fonctionnaires (je propose de commencer par vider les hôpitaux de leurs infirmières, ces feignantes parasites ne servent à rien, comme on sait), réformer la loi sur le mariage homosexuel, rétablir les légendes qui envolivent si bien les programmes d’Histoire à l’école (Clovis, Jeanne d’Arc, sans doute les fameux Gaulois), et autres amusettes qui plaisent beaucoup dans les beaux quartiers. Bref, un grand retour en arrière.

Et donc, demain, je ferai comme dimanche dernier, je sortirai de bonne heure pour aller voter en faveur de Juppé. Ce sera sans doute en pure perte, mais je n’aurai pas sur la conscience d’avoir opté pour un partisan de la droite réac.

Finalement, ce gars-là aura réussi un exploit : nous faire regretter Sarkozy !

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