Quelque chose d’étrange

Publié le par Yves-André Samère

Au nombre des bizarreries – qu’il faut préserver, puisqu’elles fondent son originalité – de la langue française, il y a ces noms qui changent de genre, tels des drag queens, selon qu’ils sont au singulier ou au pluriel. Chacun sait :

- qu’il n’y a pas d’amour heureux, mais qu’il y a des amours heureuses ;

- qu’un orgue est un prestigieux instrument de musique, mais qu’on peut entendre les grandes orgues de Saint-Eustache ;

- que la vengeance est un savoureux délice, alors que les délices de Capoue sont fameuses.

Dans un genre voisin, je dois à Françoise Hardy d’avoir pris conscience que le mot chose, comme Janus, possède deux visages : il est du genre féminin (UNE chose), mais, accompagné de quelque, il devient masculin. Par exemple, l’échec de François Hollande à la tête de l’État est quelque chose de complet. Cette dualité sémantique vient peut-être de ce que, à l’origine, quelque chose était synonyme de rien, qui est un nom masculin (pensez à de petits riens).

C’est bizarre, mais sémantiquement correct. Et on espère qu’un Alain Rey ne va pas, un jour ou l’autre, flanquer tout cela par terre.

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