« The young pope »

Publié le par Yves-André Samère

Ce feuilleton, The young pope, dont j’ai parlé au début de sa diffusion, et qui s’est terminé sur Canal Plus avant-hier soir, m’a laissé perplexe. Non pas à cause de sa réalisation, qui est irréprochable, mais de son scénario, qui accumule les scènes incompréhensibles, et dont on ne sait ce qu’il veut dire en réalité. Mais vous pourrez peut-être éclairer la lanterne de l’indécrotable imbécile que je suis, et voici quelques exemples extraits de ce gloubiboulguesque galimatias, que j’ai beaucoup simplifié :

- un cardinal new-yorkais, trop vieux et pas assez populaire, a renoncé à devenir pape, et manipulé ses collègues pour qu’ils élisent son protégé, un jeune compatriote, Lenny, abandonné dans l’enfance par ses parents hippies et qui depuis les recherche en vain ;

- ce garçon, élevé par une religieuse – que joue Diane Keaton, ancienne épouse de Woody Allen –, emmène la nonne avec lui et lui confie la haute main sur le Vatican. Ils se tutoient. Cette femme rappelle bien entendu la célèbre « sœur » Pasqualina, qui faisait la loi durant le pontificat de Pie XII, et l’on enfonce le clou avec le pseudo choisi par le nouveau pontife, Pie XIII ;

- le pape a des méthodes peu orthodoxes (normal pour un catholique !). Il refuse de se montrer au public, et même de se laisser photographier. Il dirige tout de ses bureaux, traîne les pieds pour s’adresser aux cardinaux qui l’ont élu, fume comme une cheminée, fait virer ses visiteurs dès qu’il commence à s’ennuyer, et choisit une politique on ne peut plus réac : condamnation de l’avortement et de l’homosexualité (un jeune homme qui voulait devenir prêtre est blackboulé pour ce motif, et le garçon se suicide en se jetant du haut de la basilique Saint-Pierre !) ;

- il veut la peau de l’archevêque de New York, un nommé Kurtwell, et dépêche dans cette ville un envoyé... homosexuel, chargé de trouver des preuves de sa pédophilie, mais la cible pense n’avoir rien à craindre, car sa seule faute est de se faire faire des fellations par un jeune barman de vingt ans, qui ne demande en échange qu’une aide pour devenir champion de tennis – ce qui ne risque pas de lui attirer une sanction très sévère. En outre, Kurtwell détient des lettres d’amour écrites à sa petite amie par le pape avant son ordination et menace de les publier, mais le pape s’en fiche, car il les a écrites mais jamais envoyées ;

- pour punir Kurtwell (une allusion à Kurt Weill, l’auteur de L’opéra de quat’ sous ?), le pape le nomme dans un trou perdu en Alaska, sachant que l’archevêque ne supporte pas le froid ;

- le pape s’attache à un couple stérile, parvient à provoquer une naissance miraculeuse, et s’occupe beaucoup du bébé, dont il change les langes en cas de besoin ; mais le couple en a marre du Vatican et va s’installer ailleurs ;

- le pape étend lui-même son linge dans les jardins du Vatican, principalement des chaussettes blanches ;

- le pape dégomme une religieuse qui avait fondé en Afrique des villages de la charité, parce qu’il découvre qu’elle était lesbienne, et la remplace par sa chère religieuse personnelle ;

- les lettres écrites par le pape, une fois publiée, émeuvent le monde entier (on croirait les lettres de Mitterrand à sa maîtresse), au point qu’un vaste mouvement d’amour balaie la Terre et que le pape est désormais tenu pour un saint. Il accepte alors de faire un discours depuis le balcon de la Basilique Saint-Marc, à Venise. Et là, il voit dans la foule un couple de hippies qui s’en va, il devine qu’il s’agit de ses parents, et... il meurt !

Au moins, on est quasiment certain qu’il n’y aura pas de saison 2 !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 24/11/2016 14:53

Surtout qu'ils ne donnent pas le nom de la came qu'ils ont utilisée en écrivant le scénario. Visiblement, ça défonce bien le cerveau.

Yves-André Samère 24/11/2016 17:58

Seul responsable, Paolo Sorrentino, scénariste et réalisateur. Il a fait un tas de films, souvent appréciés, mais pas tellement par moi. Le seul bon, à mon avis, est “Youth”, assez extravagant.