Vu à la FNAC

Publié le par Yves-André Samère

Cela devait arriver ! J’avais raconté que la FNAC, qui se prétendait autrefois « agitateur culturel », s’était convertie à la vente d’électro-ménager, et que désormais elle vendait machines à café, aspirateurs et ventilateurs. Sans compter, au même étage que les livres, les disques et les vidéos, des jouets pour enfants (pas encore de jouets pour adultes, mais patientez un peu, les sextoys arrivent...).

Impossible de s’arrêter en si bon chemin. Si bien qu’aujourd’hui, j’ai découvert qu’elle vendait des trottinettes, des pseudo-hovercrafts, ainsi que... des vélos. Et, au rayon des téléviseurs, vous pouvez admirer une magnifique bicyclette électrique, pour la modique somme de... 1600 euros. Ça ne vaut pas le coup de s’en priver.

Toujours à la FNAC, vous savez sans doute qu’il a toujours été permis, dans ces magasins, de lire tout ce qu’on veut sans acheter quoi que ce soit, c’est d’ailleurs ce qui a fait la popularité de cette chaîne : il suffit de prendre dans les rayons une bande dessinée ou un livre quelconque, de s’asseoir par terre, et de bouquiner tout son soûl. Or, cet après-midi, un amateur de lecture avait cru profiter de cette tolérance, et lisait, assis devant un rayon, où je précise qu’il ne gênait personne. Mais une vendeuse s’est précipitée sur lui pour le réprimander : « Monsieur, si vous voulez lire, achetez un livre et allez le lire chez vous ! ». Elle avait raison, cette employée soucieuse des affaires de son patron, et qui sera sûrement élue employée de l’année. Aussi ai-je failli dire au délinquant : « À quoi pensez-vous, mon vieux ? Votre regard est si perçant qu’il fait des trous dans les pages ! ».

Et puis, du côté des livres récents, je suis tombé en arrêt sur un livre écrit par Christophe Alévêque. Vous savez, cet humoriste en peau de lapin qui ne saurait articuler une phrase sans y inclure un « Voilà ! » toutes les cinq secondes. J’ai donc feuilleté son chef d’œuvre afin de vérifier, mais j’ai été bredouille : le mot fatidique ne se trouvait nulle part. Cricri s’est donc amendé ? Pas du tout : un coup d’œil au début du livre révèle le pot-aux-roses : Alévêque a pris un « collaborateur ». J’imagine très bien. L’auteur qui signe entrelarde sa prose de « Voilà ! », et le collaborateur passe derrière lui et les efface. C’est ça, la littérature, aujourd’hui.

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