Départs présidentiels

Publié le par Yves-André Samère

Dans quelques jours, Obama va quitter la Maison-Blanche. Je n’avais pas beaucoup d’estime pour lui, car, non seulement il a eu la bêtise d’accepter un Prix Nobel de la Paix avant d’avoir rien fait (ce qui est proprement démagogique), et aussi de se laisser qualifier de « premier président noir du pays » alors qu’il est métis (autre manifestation de démagogie), mais encore, il n’a pas complètement réussi dans ce qu’il avait promis de faire. Par exemple, vider le bagne de Guantanamo, rempli par son prédécesseur de prisonniers qu’on avait un peu oublié de juger.

Néanmoins, à sa décharge, il faut dire que, si lui et ses prédécesseurs étaient à la tête du pays le plus riche du monde, ils n’en étaient pas pour autant les chefs d’État les plus puissants du monde ! À cet égard, en butte à l’opposition des élus et principalement du Congrès, ils ont, avaient et auront beaucoup moins de pouvoir que ce pauvre Hollande, et ne peuvent même pas gracier un condamné, leur droit de grâce ne s’appliquant qu’à la dinde de Thanksgiving !

Il est vrai qu’Hollande, adepte du je-fais-toujours-les-choses-à-moitié, s’y est pris à deux fois pour sortir de prison cette malheureuse Jacqueline Sauvage, enfin libérée aujourd’hui. La première fois, il avait dû (et elle aussi, surtout) se contenter d’une grâce partielle. Double erreur, car le fait d’avoir aujourd’hui réparé son erreur initiale lui a valu de mécontenter tous les chats fourrés de ce pays, qui lui reprochent sans trop de logique d’utiliser un pouvoir régalien, c’est-à-dire hérité de la monarchie. Tiens ! Jusqu’ici, ça ne les avait pas trop gênés... Mais enfin, il n’est pas le premier. Et je ne sache pas que les présidents de notre République, Mitterrand et Chirac, se soient bousculés pour gracier Patrick Dills, inculpé en avril 1987, à seize ans, d’homicides volontaires sur deux jeunes garçons, et condamné pour cela à la réclusion criminelle à perpétuité, un an et demi plus tard, après une enquête et un procès bâclés. Peine jamais infligée avant lui à un mineur ! Le malheureux s’est payé quinze ans de prison, où il s’est copieusement fait violer par ses codétenus (il a raconté tout cela dans un livre, Je voulais juste rentrer chez moi, qu’il a signé sans l’avoir écrit, ce travail ayant été fait par Karen Aboab).

Et donc, Hollande n’est pas le premier lâche à la tête de l’État. Cela devrait le consoler de partir quand le chômage commence à baisser. Mais nous sommes habitués, en France, à voir les évènements se produire à contretemps.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 28/12/2016 22:56

Pas d'accord avec vous. Il ne pouvait pas gracier totalement J. Sauvage la première fois, il laissait aux juges la possibilité, avec la réduction de peine, d'être cléments en lui donnant la liberté conditionnelle. Ce qui aurait été une sorte d'accord de non belligérance. Mais les juges, du haut de leur pré carré, ont voulu démontrer qu'ils ne s'en laisseraient pas conter, ont confirmé la détention. A deux reprises.
Donc, une fois libéré de toute contrainte pour son avenir électoral, pépère a foncé. Il a bien fait. Mais ce qui est le plus triste, c'est que l'on joue avec la vie de pauvres gens. Et des deux côtés, pour des raisons futiles. Croyez-vous qu'un seul instant le destin de cette dame a ému qui que ce soit ?

Yves-André Samère 29/12/2016 09:40

C’est bien ce que je laisse entendre dans l’article que je viens d’écrire, « Justice nulle part ». Comme l’avait écrit Gilbert Cesbron dans son roman « Chiens perdus sans collier », tous les juges devraient faire de la prison, pour savoir à quoi ils condamnent les autres.

DOMINIQUE 29/12/2016 09:15

Par "croyez-vous qu'un seul instant le destin de cette dame a ému qui que ce soit", en fait je voulais parler de ceux ayant le pouvoir de libérer ou non J. Sauvage, à savoir le président et les magistrats. Ils n'ont regardé que leur stratégie, à mon avis.
Bien sûr que beaucoup de gens ont été, à juste titre, émus par le destin de cette femme.

Yves-André Samère 29/12/2016 08:34

Je crois que le sort de cette malheureuse a ému beaucoup de gens. Si bien qu’aujourd’hui, c’est la totalité ou presque du personnel politique qui applaudit Hollande. Je vais écrire un autre article qui mettra quelques pendules à l’heure. (Et Hollande POUVAIT la gracier totalement la première fois, rien ne le lui interdisait. Là encore, beaucoup à dire)