Prothèses : méfiance !

Publié le par Yves-André Samère

Hier, je me suis intéressé à un sujet qui n’est pas d’actualité, et qui touche à la médecine. Il s’agit des prothèses, ces pièces détachées pour êtres humains un peu abîmés – ce qui est mon cas. Je vous en dirai peut-être davantage un autre jour, si je me trouve en panne d’inspiration pour vous enjoliver ici l’intellect.

Le type de prothèse le plus connu, c’est la prothèse de hanche. Il s’agit de remplacer l’os qui a flanché si vous vous êtes cassé le col du fémur, soit à la suite d’une chute, soit parce que vous souffrez d’ostéoporose, une terrible affection qui fait que vos os se brisent comme du verre ou comme une promesse électorale de François Fillon. Et non, ce n’est PAS mon cas.

En France, ces prothèses sont fabriquées par plusieurs firmes, dont la deuxième plus importante est Ceraver, qui, le 2 mai 2013, a été mise en cause quand un millier de ses prothèses de hanche ont été placées sous séquestre par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé), faute d’être conformes à la règlementation européenne ; or 650 patients étaient encore porteurs de ces implants. Et ils ont été posés à un millier de patients, par une soixantaine d’hôpitaux entre 2009 et 2012.

Il se trouve qu’une bizarrerie est apparue aux spécialistes de cette question, car, si les médicaments sont contrôlés par l’ANSM et doivent recevoir une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), il n’existe aucun contrôle national des prothèses, qui ne sont pourtant pas des gadgets anodins, et seul le fabricant est responsable, puisqu’il « se contrôle » lui-même ! Les prothèses sont, en fait, certifiées par... soixante-dix organismes de contrôle, accrédités par des agences réparties dans toute l’Europe mais qui se contentent de délivrer un label, dit « marquage CE » (pour Communauté Européenne), ne garantissant même pas que le produit a été fabriqué en Europe, puisqu’il peut venir de Chine ou d’Inde. Et pour obtenir ce label, le fabricant ne doit pas présenter son bidule, mais uniquement un dossier, ce qui autorise bien des choses...

Outre cela, ces prothèses sont de qualité très variable, et votre chirurgien peut très bien vous refourguer une camelote en vous facturant un modèle de luxe : comment voulez-vous contrôler ? La même chose se passe avec les dentistes, tout le monde le sait ! Et si vous avez un pépin et que vous vous plaignez, on vous dira pas que la prothèse était en cause. La réponse sera invariablement que, jusqu’ici, personne ne s’était jamais plaint. Mettons les choses au pire : si vous décédez, on dira que vous êtes décédé ; pas que la prothèse était en cause. Les médecins n’aiment pas évoquer les problèmes, et l’omertà est générale.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 29/12/2016 18:26

Un cas bien connu : celui des prothèses mammaires PIP, qui étaient remplies avec un liquide défectueux. La procédure judiciaire est en cours, mais en effet la certification semblait bien légère. Une vague inspection par des experts allemands, si ma mémoire est bonne.
Quant à l'omertà... on se serre les coudes, dans le métier.

Yves-André Samère 29/12/2016 23:33

Oui, je suis au courant. La chose a fait scandale.