La batterie en danger ?

Publié le par Yves-André Samère

Mon instrument de musique préféré est le piano, suivi de l’orgue, et ensuite de... la batterie. Si-si ! En revanche, je n’aime guère le violon et ses miaulements de chat, et je déteste le violoncelle, instrument conçu pour vous tirer des larmes et dont les mauvais cinéastes français se servent pour musiquer leurs chefs-d’œuvre, afin de bien faire comprendre au public que c’est du sérieux, leurs pellicules.

L’un des films que j’ai le plus aimé, l’année dernière – attendez, je ne suis pas en train de faire un coq-à-l’âne –, c’est Whiplash, de Damien Chazelle. En fait, il y a eu deux films ainsi titrés, un court-métrage en 2013 et un long-métrage en 2014. J’ai vu les deux, et ils racontent l’affrontement entre un jeune, passionné de batterie, et un professeur sadique – c’est le jeune qui gagne à la fin, si vous aimez les spoilers. Et je regrette que le nouveau film de Chazelle, dont on nous rebat les oreilles actuellement, La la land (un Oscar en vue, sorti partout dans le monde, mais ne sortira en France que dans quatre jours), raconte une histoire ausssi mièvre. Oui, je l’ai vu aussi. Or cette pseudo-comédie musicale, qui ne vaut que par sa séquence d’ouverture, chantée et dansée, sur une autoroute de Los Angeles qui avait servi en 1994 pour le film Speed, ne parle pas du tout de batterie, mais uniquement d’un pianiste de jazz et d’une actrice qui débute. Évidemment, à la fin, ils deviennent vedettes tous les deux, comme dans dix mille films calqués sur ce modèle très en vogue à Hollywood. Je vous épargne la liste...

J’ai eu un camarade d’école, Émile, qui était un virtuose de la batterie. En tapant sur une chaise avec deux fourchettes, il était capable de faire danser un réfectoire entier. Eh bien, au lieu d’en faire son métier, il a préféré devenir instituteur. Imaginez que Delon soit devenu boucher, puisqu’il a débuté dans ce métier ! Visconti aurait dû tourner Le guépard avec Roger Hanin (ben quoi, Hanin a bien joué dans Rocco et ses frères)...

Cela dit, quelqu’un que vous n’auriez peut-être associé à la batterie, c’est... Fred Astaire. Or, non seulement Fred était le danseur génial que tout le monde connaît et qui ridiculisait par anticipation ce pauvre Michael Jackson – lequel, en comparaison, dansait comme un sac de patates –, non seulement c’était un excellent chanteur, pour qui on a composé la moitié des chansons de jazz de son époque et qui était un ami de jeunesse des frères Gershwin, mais il adorait jouer de la batterie, en jouait très bien, et a inclus un numéro de batterie dans au moins deux de ses films, Daddy long legs en 1955, et A damsel in distress en 1937 : en près de quatre minutes, un seul plan-séquence sans trucages ni coupures, une façon inédite de jouer de la batterie, de quoi faire pâlir Roger Taylor, le batteur de Queen. Ou encore, cet extrait d’Easter parade, film de 1948 (l’enfant s’appelait Jimmy Bates, mais il n’était pas parent de Norman Bates !

Profitez-en !

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Danièle 23/01/2017 18:46

Pour ce titre je vous inflige le prix Bobby Lapointe et vous informe que vous devriez vous couvrir la tête de cendres.

Yves-André Samère 23/01/2017 22:37

Au moins, quelqu’un l’aura remarqué, ce qui n’arrive pas souvent !