Placement de produit

Publié le par Yves-André Samère

Savez-vous ce qu’est le placement de produit ? Il s’agit de cette combine réunissant les marques commerciales et les producteurs de films, et consistant à insérer dans les scènes d’un film des images assez insistantes montrant de très près un article vendu par la marque. Cela peut concerner un téléviseur, une machine à café, un téléphone mobile, un vêtement, un produit alimentaire, et, à l’étranger, une marque d’alcool ou de cigarettes. Je me souviens d’avoir vu en 2004, dans Holy Lola, un film se passant au Cambodge, une affiche pour... les cigarettes Alain Delon, puisque le Dieu vivant commercialise aussi et sans aucun scrupule des produits mortifères ! Mais si ça ne flanque le cancer qu’aux Cambodgiens, quelle importance ?

(J’oubliais ce petit détail : le réalisateur ayant accepté cette ignominie, c’était... l’honnête Bertrand Tavernier. La prochaine fois qu’il se répandra dans les médias pour vous donnner une leçon de morale, pensez-y)

Dans ce domaine, le champion est Apple, et il n’a pas pu vous échapper que, dans la plupart des films montrant un ordinateur, neuf fois sur dix, c’est un Macbook ! Non pas que ces zinzins sont meilleurs que les autres, et surtout pas moins chers, mais Apple a du fric à placer partout.

Or j’ai vu aujourd’hui un film coréen, Ah-ga-ssi, sorti chez nous sous le titre Mademoiselle (pas de veine, ce titre avait déjà été utilisé dans un film avec Jeanne Moreau, où elle incarnait une institutrice frustrée qui fichait le feu aux maisons du village, comme quoi il n’y a pas que Johnny qui sache allumer le feu), et j’ai bien rigolé en voyant un insert (en langage cinématographique, c’est le gros plan d’un objet) montrant une montre-bracelet de marque Seiko. Or l’histoire se passait au Japon dans les années 1930. Et alors ? me direz-vous. Eh bien, Seiko n’a été introduite au Japon qu’en 1980 !

Ils sont d’un futé, ces publicitaires... Même la marque pour laquelle ils travaillent, ils ne la connaissent pas.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Marceau 30/01/2017 13:55

Comme vous, j’exècre le placement de produit.
Il y a quelques anecdotes concernant les mésaventures de certains réalisateurs à ce sujet ; je me rappelle notamment Robert Zemeckis, qui évoquait la manière dont un communicant du studio avait promis au "comité des producteurs de raisins secs" de Californie (ou quelque chose du genre) un placement de produit dans "Retour vers le futur". Évidemment il est particulièrement difficile de montrer des raisins secs à l'image, et Zemeckis en avait été réduit à placer une mention à peine visible sur le dossier d'un banc dans une scène. Outrage du comité qui s'estimait floué par le communicant, que le réalisateur offrit de les aider à poursuivre s'ils le souhaitaient...
C'est curieux, je croyais justement que Seiko était une marque japonaise.

Yves-André Samère 30/01/2017 14:53

Je n’ai pas remarqué, dans le film de Zemeckis, mais je ferai attention la prochaine fois. Et oui, Seiko est une marque japonaise. Mais si on cherchait à comprendre les gens de cinéma...