Faire seulement ce qu’on sait faire

Publié le par Yves-André Samère

Tout à l’heure, revenant de l’hôpital Cochin où j’étais allé m’enquérir du fabuleux destin que me réserve dans l’avenir ma santé de fer, je suis passé par la Rue du Cygne. C’est une petite voie piétonne qui borde l’église Saint-Gilles-Saint-Leu, et où s’est ouvert il y a quelques semaines un étrange magasin, qui s’appelle Urban360 (publicité non payée, pas même en nature puisque... lisez la suite), et vend des engins propres à fournir de la clientèle aux hôpitaux, précisément.

Quels engins ? Des trottinettes électriques, des roues électriques, des mini-scooters électriques, des skates électriques (moi, ça m’électrise, tout ça), des gyropodes et des hoverboards. Au fait, je saute sur cette occasion pour préciser qu’un hoverboard, ça n’existe pas et ça n’existera jamais, pour une raison de physique : ce genre d’engin n’a été vu qu’au cinéma, dans le deuxième épisode de Retour vers le futur, et c’est censé voler au-dessus du sol par lévitation magnétique, ce qui est irréalisable, car il faudrait aménager le sous-sol de toutes les rues existantes avec de puissants électro-aimants, à un prix qui vous ferait sourire de commisération. Les prétendus hoverboards que l’on trouve dans le commerce ne sont jamais que des planches à roulettes munies d’un moteur, et vendues une fortune aux gogos qui croient que le cinéma est un mine d’idées mirobolantes, lesquelles, c’est certain et pour leur plus grand bonheur, seront toutes réalisées (rappelez-vous que 2001, Odyssée de l’espace, en dépit du génie de Kubrick et d’Arthur C. Clarke, ne prévoyait ni Internet ni le téléphone mobile).

Bref, j’ai vu dans cette rue un client qui, venant d’acheter une roue électrique, tentait de tenir en équilibre sur ce bidule, et qu’un employé du magasin soutenait afin qu’il ne tombe pas, entreprise vaine, puisque le gogo s’est emplafonné sur la première borne au coin de la rue, à vingt mètres du magasin. Et cette anecdote passionnante m’a inspiré une réflexion philosophique aussi profonde qu’une pensée de Ruquier, à savoir qu’on ne devrait jamais se lancer dans une activité dont on se sait incapable. Je sais bien, moi, que je ne monterai jamais à vélo, ne battrai jamais Yannick Agnel dans une piscine (ni même ailleurs, il est trop intelligent pour moi), ne jouerai jamais du piano comme Lang Lang, ne vaudrai jamais Penelope Fillon comme assistant parlementaire ni n’égalerai François Hollande pour faire tomber la pluie.

Alors, je fais ce que je sais faire, c’est-à-dire rien. Et ça, je le fais très bien.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 27/02/2017 21:39

Il m'est arrivé de voir plus de "rien" que la colonne à droite de cette page, où s'affichent, par thème, tous vos articles.
Et je vous signale qu'au chapitre "absurdités" il y en a 2067.