Lâcheté radiophonique

Publié le par Yves-André Samère

J’aime bien Albert Algoud. Il est cultivé, drôle, il ne craint pas, à l’instar des acteurs britanniques, de faire l’andouille, et il a écrit plusieurs livres sur Tintin et Hergé, comme sa « biographie non autorisée » de Bianca Castafiore, et son Dictionnaire amoureux de Tintin que j’ai lu récemment. Outre cela, il m’a rejoint en notant, dans son dernier article du « Canard » (page 7, article Frédérick Sigrist), que Fillon était « notre “Dark Mr Bean” », ce que j’avais remarqué ICI, quoique avant lui.

Cependant, et malgré cette estime que je lui porte, je suis bien forcé de reconnaître qu’aujourd’hui, il est tombé dans la banalité des bavasseurs de micro. J’explique.

L’émission à laquelle il participe sur France Inter, La bande originale, recevait aujourd’hui l’actrice Rachida Brakni, alias madame Cantona, qui a fait un film sur les prisons. Et la conversation tombe sur les réalisateurs de cinéma tyranniques. Or Albert prend la parole pour commencer une tirade... qui tourne court très vite, car il la conclut par le sempiternel “On ne va pas citer de nom”. Pourquoi ne pas citer de noms ? Il a peur qu’on lui fasse les gros yeux ?

C’est d’autant plus ridicule que cette manière de se dérober n’a aucune raison d’être, attendu que la plupart des tyrans visés sont morts : Bergman, Clouzot, Fellini, Stroheim, Preminger, Peckinpah, Pialat, Hitchcock, Bresson, Kubrick, Friedkin, Michael Curtiz, Fritz Lang. Chez les vivants, je ne connais guère que John Mac Tiernan, et Kechiche, mais tout le monde connaît déjà sa réputation !

Cette lâcheté est récurrente, dans les radios-télés. Elle rappelle furieusement celle qui caractérise ces journalistes, terrorisés à la perspective de dire carrément que tel politicard a REFUSÉ de répondre à une question, et qui préfèrent dire qu’il “n’a PAS SOUHAITÉ” répondre.

Parfois, on aimerait vivre en Angleterre, où l’on trouve de vrais journalistes, et des animateurs qui n’ont pas peur de mettre les pieds dans le plat, comme Sacha Baron Cohen.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

cacciarella 26/02/2017 16:24

Je me suis mal exprimé mais je ne parlais pas d'Albert Algoud mais je faisais référence à une émission vue hier soir sur une des chaines d'infos continues, BFM, je crois , un journaliste tout péteux n'osait
contredire des propos mensongers d'un de ces affidés du FN. J'ai pensé qu'il se montrait prudent, achant ce parti ,plutôt viril, capable de représailles ,et je le comprend ! les gros bras du GUD sont toujours là et actifs

Yves-André Samère 26/02/2017 19:37

Comme je ne regarde aucune chaîne d’informations, je ne peux pas savoir tout ça !

cacciarella 26/02/2017 12:00

Ce n'est pas très grave, moi qui écoute le jeu des mille euros depuis plus de 50 ans ,j'ai constaté une ignardise crasse en cinéma , mais encore pire en musique dont le sommet en méconnaissance se situe
dans le Jazz . En revanche , ce qui est grave c'est la couardise dont font preuve les journalistes devant le FN ,peut-être avec raison; quand connait les possibilités du GUD , vaut mieux être lâche que mort !

Yves-André Samère 26/02/2017 13:00

Les réalisateurs dont Albert Algoud n’a pas cité les noms n’appartenaient pas au Front National, et tous, sauf deux, sont morts depuis longtemps ! Où était le risque de représailles ? En outre, Philippe Pascot a donné des centaines de noms dans ses livres, et nul ne lui a fait le moindre ennui.