Idoles inutiles

Publié le par Yves-André Samère

Je crois que j’ai joué cartes sur table : l’image qui fait office de bandeau en haut de cette page le dit bien, je n’ai aucun respect pour les idoles, et j’ai grand plaisir à les déboulonner – comme Samson faisant s’écrouler la statue de Dagon, mais lui, c’était pour se suicider. Du reste, une de mes rubriques s’appelle Déboulonnons. C’est curieux, j’ai toujours entendu dire que la plupart des enfants ont besoin d’un modèle, d’une idole, d’une sorte de père de substitution. Mais jamais je n’ai resssent cela, et, dès mon âge le plus tendre, les adultes ont été pour moi comme ce roi d’Hans-Christian Andersen, celui qui allait nu.

Cela ne signifie pas que je n’ai de considération pour personne. Simplement, cela n’a jamais été pour une vedette de cinéma ou de la chanson, ni pour un sportif, ni pour des personalités politiques – bien que j’en place quelques-unes au-dessus du lot habituel. Mais les personnalités que les rabâchages médiatiques tentent d’imposer à notre adulation passive, non, merci, je ne marche pas.

Ainsi, dans mon panthéon, si j’admets des sommités comme Jean Rostand, Albert Jacquard, Molière, Léonard de Vinci, René Dumont, Frédéric Chopin, André Dugaine, Simone Veil, Michel-Ange, George Feydeau, Beethoven, Shakespeare et jusqu’à Freddie Mercury, si j’exècre Louis IX et Alexandre le Grand mais repêche Néron, je n’ai jamais mordu à la légende de l’indéboulonnable De Gaulle ou de l’exécrable « mère » Teresa. Tout simplement parce que je ne me contente pas de ce que les médias nous serinent à leur propos, et que je me renseigne avant d’admirer.

À la fin du film de John Ford L’homme qui tua Liberty Valance, on entend un directeur de journal dire, justement à propos du héros qui exécuta ce bandit, que, lorsqu’il avait le choix entre publier les faits et publier la légende, il préférait publier la légende. Ce type a dû servir d’exemple à la presque totalité de la presse française ! Moi, les légendes, je ne les gobe pas. Je me contente de les apprécier au théâtre ou au cinéma, c’est bien suffisant.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

C
il faudrait que je me relise ;Chaplin et non pas Chaolin , pardon .
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Y
Je me disais aussi ! À part le kung-fu (shaolin), je ne voyais pas.
C
Puis-je ajouter Chaolin et Jouvet; pour leurs oeuvres ; Ravel ,homme et oeuvres et jean Meslier ,pour mon plaisir
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Y
On ne peut pas citer tout le monde. Je ne connais pas Chaolin. Ravel et Jouvet, d’accord. Le curé Jean Meslier, peu de gens le connaissent, je l’ai découvert récemment grâce à Onfray, et il faut lire son «Testament ».
D
Alors là, je suis ébaubie. Comment ? Vous n'avez pas d'idoles, vous n'allez pas plus loin que l'image donnée ? A vous lire depuis quelques lustres, je ne m'en serais jamais, mais alors jamais douté...
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Y
Oui, outre ces vices, je suis dissimulateur. En d’autres temps, on m’aurait écartelé en Place de Grève.