Le bon sens doit primer

Publié le par Yves-André Samère

On entend rarement le bon sens s’exprimer autant que ce matin, par la voix de Bertrand Delanoë sur France Inter. Non pas quand il envoie des compliments à celle qui lui a succédé à la mairie de Paris, mais lorsqu’il annonce qu’il votera pour Macron à la prochaine élection présidentielle. Pas pour le programme évanescent de ce candidat ou pour le fait que l’ancien ministre s’est mis en retrait de la gauche, mais parce que nous ne pouvons pas faire autrement si nous voulons éviter à la fois un kleptomane qui a tapé dans la caisse afin d’améliorer à nos frais son niveau de vie déjà suffisamment élevé, et l’héritière d’un sympathisant nazi affiché.

Il faut déplorer que Delanoë a ensuite été interpellé au téléphone par un hurluberlu qui a déclaré en avoir marre du « vote utile », et que lui préfère voter selon ses convictions (de gauche, bien entendu, et ce n’est pas ce que je lui reprocherai puisque j’en ferais autant dans d’autres circonstances) – « selon son cœur », comme disent les gens sentimentaux. Cet ahuri devait vivre sur la planète Mars en 2002, ou il a perdu la mémoire, ou encore, plus probable, il est tout simplement trop bête pour avoir compris que les types de son espèce, ceux qui ont préféré voter pour Christiane Taubira ou Jean-Pierre Chevènement, ont privé Jospin de leurs voix et l’ont ainsi éliminé du premier tour. Moyennant quoi, nous nous sommes farci cinq ans avec, à l’Élysée, un voleur assez sot en outre pour avoir dissous une Assemblée nationale qui lui était entièrement favorable ; puis cinq ans avec un malade mental narcissique ; et enfin, cinq ans avec un mollasson incapable de rien décider. Joli choix qui fait honneur à l’intelligence des électeurs de gauche qui, à l’époque, se sont trompé d’adresse ! Ils veulent qu’on remette ça ? Sans placer Lionel Jospin sur un piédestal, on est bien obligé de reconnaître que ce n’est ni un voleur, ni un imbécile, ni un malade mental, ni un incapable.

Je l’ai dit, et Delanoë l’a dit aussi ce matin : même si on n’aime pas Macron, il ne nous reste aucune alternative. La gauche, qui a pris plaisir à s’autodéchirer, sera balayée au premier tour, et si nous ne choisissons pas celui qui, au minimum, nous laisse au moins quelques doutes sur ses intentions et ses capacités, nous écoperons de la certitude d’avoir à choisir, comme on dit, entre la peste et le choléra.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

julien 08/03/2017 21:00

Je suis pourtant plutôt confiant pour Hamon, pour ma part. Peut-être à tort...

Yves-André Samère 09/03/2017 07:52

Sans doute à tort. Il n’a pour lui qu’une petite partie de la gauche. Tu as entendu Delanoë sur France Inter mercredi matin ? Penser bien ne sufffit pas, et voter selon ses propres idées est inefficace. Ce qui est efficace, c’est d’appuyer celui qui a une chance de gagner. Je l’ai dit, je n’aime pas Macron, mais je serai forcé de lui donner ma voix.