Muriel Robin et les bonobos

Publié le par Yves-André Samère

Elle était assez touchante, Muriel Robin, dans le téléfilm semi-reportage diffusé hier soir par France 3, sans doute un peu trop long et parfois oiseux, et qui suivait son aventure au pays des bonobos, au Congo ex-belge. Ces singes, qui n’existent nulle part ailleurs, sont menacés (on les massacre pour les manger), alors que leur mode de vie, plus qu’intéressant, mérite d’être sauvegardé, et c’est ce à quoi s’emploient Muriel Robin et son ami Chanee, qu’elle a connu quand il avait seize ans.

Mais deux détails m’ont gêné : d’une part, on voit beaucoup trop la vedette, alors qu’on préfèrerait écouter son accompagnateur, qui a autre chose à dire qu’étaler sa sentimentalité ; et puis, Muriel fait constamment état de son « instinct maternel », inassouvi puisqu’elle n’a jamais eu d’enfants, or tout cela baigne dans un anthropomorphisme qui n’a aucun fondement s’agissant du monde animal. Je connais la question, pour avoir été l’ami d’un écrivain qui vivait seul en compagnie d’une macaque femelle, laquelle était très agressive et lui causait pas mal de tracas. Franchement, mieux vaudrait vivre avec un serpent ou des araignées ! Et lorsque Madame Robin rend à la vie sauvage le petit singe auquel elle s’est attachée, au point de se sentir envers lui comme une mère que l’animal n’a jamais connue, que voit-on ? À peine le bonobo est-il déposé au-delà du grillage électrifié qui délimite l’enclos où les autres bonobos ont été déposés (pour les empêcher de revenir vers les humains), qu’il part sans un regard vers sa protectrice et se trouve immédiatement un autre mentor, une femelle adulte qui va, on le suppose, lui servir de mère de remplacement.

J’ai immédiatement pensé à ce film d’Ang Lee, Life of Pi, lorsque le garçon quitte l’île où il a fini par aborder, et que le tigre qui l’a accompagné jusque là part lui aussi sans plus se préoccuper de son ex-compagnon. Seul l’humain est capable de souffrir de ce genre de séparation.

Il ne faut pas être sentimental !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 09/03/2017 10:15

Un animal bébé attendrit toujours (une réserve cependant pour les serpents et les crocodiles). Une fois grand, c'est une autre histoire.
Comme disait ma mère "quand je pense qu'Hitler a dû être un bébé rose et joufflu.."

DOMINIQUE 09/03/2017 13:17

Oui, en montagne, des vipères. Vivantes qui font "ffssst". Ma mère m'en a collé la trouille quand j'étais petite. Maintenant, je les trouve beaux, nous avons des couleuvres dans le coin.

Yves-André Samère 09/03/2017 11:12

Vous avez connu beaucoup de bébés serpents ? Quoi qu’il en soit, les serpents ne m’impressionnent pas, et ils sont en général inoffensifs. Il faut aller en Afrique, par exemple, pour en trouver qui soient dangereux : le mamba, le serpent cracheur et la vipère cornue. En France, on n’en voit guère.