Un travail enfantin !

Publié le par Yves-André Samère

Les journalistes de radio-télés sont généralement de connivence avec les célébrités, et les harceler pour leur arracher un aveu qu’elles ne veulent pas donner, ce qui ne leur viendrait pas à l’esprit, est aussi probable que de voir Christine Boutin (ou Sandrine Kiberlain, ou Romane Bohringer) devenir vedette du Crazy Horse. Sans avoir suivi, ce que je ne fais jamais, le débat d’hier soir sur Télé-Poubelle entre les cinq « meilleurs » candidats à l’élection présidentielle, j’ai su que les deux porteurs de gilet rayé qui avaient la tâche de se dégonfler publiquement avaient rempli leur mission (dans l’infra-langage médiatique, on dit qu’ils ont « fait le job », et comme Job fut naguère une marque de cigarettes, l’expression convient parfaitement au sale boulot consistant à enfumer les téléspectateurs), et s’étaient courageusement abstenus d’asticoter Fillon et la fille du néo-nazi sur leurs inculpations pour détournement de fonds publics. Résultat : ils se sont fait railler par Mélenchon, qui a une grande gueule, sait parfois s’en servir, et quand.

Par chance, il reste les reporters de Barthès sur Quotidien. Ils sont cinq : Martin Weill, qui est partout à la fois, trilingue, et ne craint pas de franchir clandestinement les frontières des pays qui lui sont interdits ; Hugo Clément, bilingue et accrocheur (les ministres le détestent) ; Paul Larrouturou, qui a excité la haine de DSK, lequel, il y a deux ans, lui avait arraché son micro, renouvelant l’exploit de Bernadette Chirac, qui avait sauté pour tenter de s’emparer de la perche du preneur de son de John Paul Lepers (autre terreur des politiques) ; Azzeddine Ahmed-Chaouch, qui suit les affaires de justice et de politique et s’est récemment fait expulser, quoique accrédité, d’une réunion publique du parti facho ; et Valentine Oberti.

Et justement, hier soir, on a pu voir comment Hugo Clément a tenté de faire parler Bruno Le Roux, ministre d’on ne sait plus trop quoi après tous les limogeages opérés par Hollande, qui a joué naguère les émules de Fillon en employant comme assistantes parlementaires ses deux filles... encore lycéennes de quinze et seize ans, qui ont bénéficié par la grâce paternelle de vingt-quatre contrats à durée déterminée, et qui étaient donc censées travailler entre les heures de cours au lycée. Pour le travail harassant de classer les messages électroniques qu’il recevait, elles ont reçu en deux ans la modique somme de 55 000 euros – deux fois la retraite annuelle d’un professeur de l’enseignement public. On espère qu’elles ont eu la reconnaissance d’offrir un beau costume à leur cher papa !

Résultat : Le Roux, convoqué par son Premier ministre dont le nom m’échappe, va sans doute la sentir passer. Et ce n’est pas dû à un quelconque Pujadas ou Bouleau, mais à des jeunes qui font leur travail.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

cerfeuil 21/03/2017 16:45

Comme tout vrai métier celui de journaliste est très beau quand il est bien exercé.

Yves-André Samère 21/03/2017 23:11

À moins d’être, comme un marabout de Barbès, « spécialiste en tout ».

cerfeuil 21/03/2017 20:08

Ne rien faire demande des compétences particulières. Trop fatiguant pour moi, ça ne s'improvise pas!

Yves-André Samère 21/03/2017 18:48

Mais ne rien faire du tout, c’est encore mieux.