Devinez les trucs des dialoguistes !

Publié le par Yves-André Samère

Dans ma notule précédente, j’ai noté le manque d’imagination des scénaristes-dialoguistes qui utilisent sans arrêt des trucs que les spectateurs connaissent par cœur (si par extraordinaire ils ne dorment pas dans leur fauteuil), ce qui peut mener assez loin.

Je vous donne un exemple avec une pellicule récente : un quinquagénaire dont le fils est mort d’un accident apprend que le cœur du fiston a été greffé sur un garçon du même âge, environ vingt ans. Soucieux de vérifier que ce cœur n’a pas été donné à n’importe qui, il s’efforce, en dépit de la loi qui l’interdit, de rencontrer celui qui l’a reçu, et, bien entendu, déception : le récipiendaire est un parfait crétin. Leurs relations sont alors assez tendues, mais nous sommes au cinéma, et tout s’arrange peu à peu, sinon il n’y aurait pas de film. Si bien qu’ils parviennent à se supporter suffisamment pour s’attacher un peu l’un à l’autre.

Or l’homme est victime d’une crise cardiaque et se retrouve à l’hôpital. Le jeune crétin, inquiet, va lui rendre visite, mais une infirmière l’arrête : « Vous êtes de la famille ? »

J’étais certain que le crétin donnerait la réponse que je voyais venir depuis le début du film, car il répond « C’est mon père », ce qui est parfaitement faux.

Non, je ne suis pas un génie du dialogue, ni non plus extralucide ou disciple d’Élizabeth Teissier. Mais les trucs de dialogue, on finit par s’y habituer, donc les prévoir, et longtemps à l’avance dans bien des cas. Si le jeu vous amuse comme il m’amuse, entraînez-vous à les deviner, vous vous ennuirez moins au cinéma !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 14/04/2017 07:25

Ah, bon. Donc je disais que quelquefois, aussi, les scénaristes nous la font à l'envers. Dans Downton Abbey, lors du recrutement d'un valet de pied, celui-ci dit pourquoi il n'a pas suivi sa patronne, qui devait partir s'établir en France "j'avais peur de ne pas aimer la cuisine".
Mais n'est pas Julian Fellowes qui veut !

Yves-André Samère 14/04/2017 08:29

Il n’avait pas tort, ce domestique. En France, nous ne savons pas faire un pudding qui se conserve neuf mois, ni mettre de la sauce de menthe sur le bœuf en daube. Que de progrès à faire !

DOMINIQUE 13/04/2017 21:27

Peut-être que mon commentaire est déjà passé, mais j'ai eu une sorte de captcha crétin qui m'a demandé des trucs bizarres. Donc, aucune idée de ce qu'est devenu mon commentaire (indispensable et précieux, bien sûr).

Yves-André Samère 13/04/2017 22:46

Le seul commentaire reçu est celui auquel je réponds ici.