Haro sur la pub (sauf celle de Mélenchon)

Publié le par Yves-André Samère

Vous savez certainement que les équipes de Yann Barthès prennent un malin plaisir, dans Quotidien, à dévoiler les impostures des publicitaires, surtout lorsqu’il s’agit de spots en faveur des politiques. Par exemple, on vous montre un joli tableau de la vie dans une ferme française, mais les photos ou les vidéos ont été achetées à une base de données allemande, suisse ou états-unienne, et les personnages ne parlent sans doute pas un mot de français ; mais cela coûte moins cher que d’envoyer une équipe chercher sur place de quoi fabriquer un vrai reportage ! À vrai dire, dans les stations de télé, on connaît ces bonnes adresses, puisqu’on les utilise, et il est bon que le public sache comment on se moque de lui.

Hier soir, on en a eu un magnifique exemple, qui m’a bien fait marrer, pour une raison personnelle que vous comprendrez très vite. Il s’agissait d’un spot de campagne électorale en faveur de Mélenchon, tourné dans un café parisien, et « prouvant » que Méluche, élu, aura dans un an fait des miracles en faveur de la classe populaire. On y voyait donc le patron du café, un certain « François » (vous allez piger pourquoi j’y mets des guillemets), censé avoir « fait le choix du passage au bio », et avoir augmenté tous les salaires de ses employés, « même celui de Sarah, la serveuse ». On y voit aussi, au comptoir du bistrot, un certain Gilles, « ancien chômeur de longue durée, qui a signé un contrat coopératif pour quatre ans avec une collectivité publique », grâce à Mélenchon, tout ça. Et là, un grand rire m’a secoué de là à là, comme disait Desproges, car, au premier coup d’œil, j’ai reconnu le pseudo-Gilles, pour la bonne raison que j’ai été son ami durant quinze ans !

Outre le patron François, qui s’appelle en réalité Stéphane Blancafort et qui banalement est acteur, outre la serveuse Sarah, qui a prétendûment été augmentée de 173 euros par mois, mais se trouve être en réalité animatrice des meetings de Mélenchon, le fameux chômeur qui a retrouvé du travail grâce à Mélenchon est en effet Didier Porte, humoriste un peu démonétisé, dont j’ai créé et maintenu le site Internet, à mes frais, pendant toute cette période, et qui joue ici le rôle d’un chômeur pour la publicité du candidat de « la France insoumise » (sic). Il est vrai que Porte et Mélenchon se connaissent depuis des années, puisque le second a enregistré une voix pour un spectacle du premier, lequel vote régulièrement pour lui – spectacle vu au Théâtre Dejazet il y a trois ou quatre ans.

Mais le plus piquant est que Porte avait tenu à faire savoir qu’il avait refusé d’enregistrer de la publicité – très bien payée – pour Peugeot, et que j’avais fait un article racontant cela, le 5 janvier 2013. Or, Porte, furieux de ce que j’avais annoncé la nouvelle avant que lui-même ait pu envoyer, cinq jours après moi, un récit analogue au site lemonde.fr, avait exigé violemment que j’efface mon article, qui est donc ICI mais pas en ligne – jusqu’aujourd’hui !

Eh oui, il y a pub et pub... Et Porte, qui ne trouve presque plus aucun engagement sur scène (pour cette année, encore deux seulement, un ce soir et un autre dans une semaine, à Ivry, puis plus rien), accepte aujourd’hui de faire une chronique sur Europe 1, dans une émission dont la patronne est Anne Roumanoff, qu’il avait toujours méprisée. Comme on change...

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Julien 22/04/2017 09:20

Ca me fait quand même mal pour lui.

Yves-André Samère 22/04/2017 12:26

Ta bonté te perdra !