Matinale contrastée

Publié le par Yves-André Samère

Ce matin, deux chroniques qui se complètent, et une nouvelle extraite de l’actualité judiciaire.

Les deux chroniques sont sur France Inter. Celle de Thomas Legrand me coupe l’herbe sous le pied, car elle dit exactement ce que je projetais d’écrire sur les obsèques de ce policier, Xavier Jugelé, tué jeudi sur les Champs-Élysées, obsèques qui ont eu lieu dans la cour de la Préfecture de police. Y assistaient François Hollande et les deux derniers candidats à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Xavier Jugelé vivait avec un homme, et c’est cet homme, Étienne Cardiles, qui a prononcé son éloge funèbre, terminant par un « Je t’aime » qui n’a provoqué aucune réaction hostile. Décidément, les Français ont bien évolué, ces dernières années, tant mieux ; et il faut porter cette évolution à l’actif de François Hollande et de Christiane Taubira. La chronique de Nicole Ferroni, en revanche, flinguait allègrement Emmanuel Macron, soupçonné d’ultra-libéralisme, et de vouloir sabrer dans les effectifs des fonctionnaires en général et des enseignants en particulier, comme un vulgaire Fillon. On la comprend, Nicole, la réduction du nombre de ceux qui sont indispensables au pays a de quoi défriser n’importe quel républicain, mais enfin, que faudrait-il faire ? Préférer le Front national dans le prochain vote ? Moi non plus, je n’aime pas Macron, et je le répète depuis des mois, mais regardons plutôt ce qu’il y a en face ! Macron, au moins, n’est pas anti-européen et partisan de sortir de l’euro. Il fera sans doute des bêtises et une ou deux saloperies, mais ce ne sera pas un cataclysme.

La nouvelle dont je parlais plus haut est d’ordre judiciaire : hier, Robert Ménard, maire de Béziers, a été condamné par un tribunal à 2000 euros d’amende pour « provocation à la haine et la discrimination », parce qu’il avait déclaré que, dans sa ville, à la rentrée des classes, il y avait trop d’écoliers musulmans dans les écoles de sa ville, et que c’était un « problème ». Bizarre, ce verdict : on veut instituer le délit d’opinion ? Réfléchissons : les juges sont-ils entrés dans la tête de Ménard pour y constater qu’il pensait comme les sbires du Front National, alors qu’il avait expliqué que, ce qu’il avait voulu dire, c’est que ces neuf enfants musulmans sur dix, c’était plutôt un obstacle à leur propre intégration ? Je ne sais pas, moi, s’il était sincère ou s’il voulait noyer le poisson, mais la loi permet de penser ce que l’on veut. Et quand bien même on penserait comme le Front National, tant que ce parti n’est pas interdit, on ne peut poursuivre ses adhérents pour le seul « délit » d’avoir leurs opinions, bonnes ou mauvaises. Car, dans le cas contraire, il faudrait rafler les millions de citoyens qui, dimanche dernier, ont voté pour la frontiste nationale !

Je ne crains pas de dire que ce jugement était stupide et anti-républicain. Et cela n’a rien à voir avec mes idées politiques personnelles.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

kotec 26/04/2017 22:14

Sous la coupe des Bizounours, il ne pas parler directement, ni exprimer tout haut ce qu'une majorité pense.
Il est coupable du crime de stigmatisation, de rupture de la doctrine du vivre ensemble.
C'est du blasphème pur et simple. Donc il ira en enfer et puis c'est tout !

Yves-André Samère 27/04/2017 07:07

« Le premier qui dit la vérité, / Il sera exécuté ».

DOMINIQUE 26/04/2017 18:01

Je pense qu'il n'a pas été condamné spécialement pour son opinion, bien que ses propos soient ambigus, mais parce qu'il a été investi du mandat de Maire. Car dire qu'il y a trop d'enfants musulmans et que ceci crée un problème peut amener la population à des comportements extrêmes.
Ce n'est donc pas un délit d'opinion, mais un trouble à l'ordre public commis par un élu de la République.
Il aurait incité ses administrés à se mettre à poil dans les jardins publics et à se sauter dans les buissons tous les samedis soir, qu'il aurait été condamné de la même façon.
Evidemment, l'hommage au policier tué a été plus qu'émouvant, à plus d'un titre.

Yves-André Samère 26/04/2017 19:43

Pourquoi un maire n’aurait-il pas le droit de parler ? Ils le font tous ! D’autant plus que la population n’a pas réagi, donc aucun trouble public.