Les adultes ? Pas assez sérieux !

Publié le par Yves-André Samère

Assez tôt, j’ai commencé à ne plus prendre au sérieux les adultes. Il faut dire que je ne voyais qu’eux, puisque je n’ai pas rencontré d’enfant avant l’âge de quatre ans et demi. Or leurs défauts étaient criants, et, en toute innocence, je ne voyais pas pourquoi je ne leur dirais pas ce que je pensais d’eux et de leurs coutumes absurdes.

La première de ces coutumes a été celle de « se souhaiter la bonne année » au matin de chaque 1er janvier. Je trouvais ça idiot, et je n’ai pas changé. Si bien qu’un de ces matins, alors que je devais avoir cinq ans et demi ou six ans et demi (ben oui, quand vous naissez fin avril, c’est facile de faire le calcul), j’ai refusé de dire le fatidique « Bonanébon’çanté » qu’on attendait de moi : parce qu’il n’y avait pas de raison de le faire, et que les souhaits qui se réalisent, ça n’existe que dans les contes de fées. Cartésien avant l’heure !

Il en est résulté une raclée à coups de ceinture. Mais il y a des « corrections » qui ne corrigent rien, et j’ai récidivé les deux ou trois années suivantes, si bien que ma famille a renoncé à faire mon éducation sociale. Notez qu’on peut se faire soi-même sa propre éducation sociale, et que je sais, par exemple, qu’on ne dit pas «Bon appétit ! » au début d’un repas, ni « Enchanté ! » à quelqu’un qu’on rencontre pour la première fois : ces manières de ploucs passent pour une des bases de la politesse, mais... cherchez un peu !

Aujourd’hui, mes cibles sont nombreuses, et j’en donne ici des exemples chaque jour : les hommes politiques (ce matin sur France Inter, une mélanchonniste a radoté huit fois de suite en deux minutes l’expression « Celles z-et ceux »), les journalistes, les scénaristes-dialoguistes, les vedettes de cinéma (Ah! Isabelle Huppert, Tom Cruise et Marion Cotillard) et autres charlots. J’ai même, une fois, épinglé Gérard Philipe, sa partenaire à l’écran Isa Miranda, son metteur en scène Max Ophüls, et l’ingénieur du son du célébrissime film La ronde. Eh oui, c’est désespérant, je ne respecte rien. Tenez, prenons un exemple récent, puisqu’il date d’hier soir : j’ai voulu regarder sur France 3 un téléfilm policier, Tuer avec modération (sic !), d’ailleurs plutôt bon, qui commençait par une scène de réception au cours de laquelle un beau jeune homme blond jouait du Chopin. Quand il a eu terminé, sa mère s’est approchée pour le féliciter, et il a remarqué qu’il n’avait pas si bien joué, car il avait encore cafouillé « dans le deuxième mouvement ». Un deuxième mouvement dans la Fantaisie Impromptu ?! Ce qu’il désignait ainsi, la partie centrale, est au contraire très facile à jouer, car elle est lente et pas compliquée, techniquement, et ce sont les deux parties qui l’encadrent qui sont difficiles à jouer, car les deux mains ne jouent pas à la même vitesse, l’une donnant trois notes d’égale durée, quand l’autre doit en donner quatre. Mais le scénariste-dialoguiste a voulu faire le malin, et a seulement prouvé qu’il ne savait pas de quoi il parlait.

C’est récurrent ! Amusez-vous à trouver d’autres exemples, c’est assez stimulant.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 07/06/2017 15:57

Oh, un des plus courants, c'est "de rien" après un "merci". Il vaut mieux dire "je vous en prie".

Yves-André Samère 07/06/2017 18:14

Oui, ça, je le savais. Mais on n’apprend rien, ni à l’école ni dans les familles