Pour l’arabe à l’école

Publié le par Yves-André Samère

Najat Vallaud-Belkacem est une fieffée menteuse. L’ex-ministre de l’Éducation nationale a démenti avoir tenté d’imposer l’enseignement de l’arabe à l’école primaire. Or les preuves du contraire existe, et il suffirait de le vérifier sur les textes édités durant son mandat ministériel.

Cela dit, d’une part, cette réforme ne sera jamais appliquée, puisque son successeur n’est pas du même bord. D’autre part, je le regretterai plutôt, et je ne le dis pas parce que j’ai étudié l’arabe à l’école, mais pour la raison suivante : les citoyens français d’origine arabe sont aujourd’hui aussi nombreux, sinon davantage, que ceux d’origine espagnole, allemande, portugaise ou polonaise. Il serait donc tout à fait normal qu’on enseigne à leurs enfants les rudiments de leur langue maternelle, à commencer par la prononciation. Cela éviterait de constater que beaucoup d’Arabes invités dans les radio-télés ne savent même pas prononcer leur propre nom ! Ou se dégonflent et n’osent pas corriger leurs interlocuteurs, ce qui ne vaut pas mieux.

Exemple entre cent : le jeune acteur Saïd Seghir ne devrait pas se laisser interpeller sous le nom de « séguire », attendu que Seghir, adjectif qui signifie petit, se dit « srir ». Et ce soir, Quotidien reçoit un acteur présent dans un film sortant le 28 juin, Cherchez la femme, et dont le nom, Lebghir, ne se dit pas du tout « lèb-guire ». Mieux, les musulmans ne devraient pas supporter que le nom de leur cher prophète soit ascagassé en « Ma Homais », comme si c’était la mère d’un certain pharmacien flaubertien.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Bob 07 18/06/2017 00:06

L'enseignement de l'arabe se ferait évidemment aussi bien à l'écrit qu'à l'oral ; on s'apercevrait ainsi que "petit" en arabe s'écrit... en arabe ! La convention de transcription en alphabet latin n'est, justement, qu'une convention : seghir semble plus joli que srir ; de même je préfère écrire Tewfik que Toufik et je ne parlerai pas des "chèques" d'Arabie ! Après tout le président Mao autrefois Tsé-toung est bien devenu Zedong (mort, il n'envisageait pas de changer d’État-civil ?...

Yves-André Samère 18/06/2017 08:51

Il faut évidemment enseigner les deux en même temps. Séparer l’écrit de l’oral est une absurdité. Voyez certains caractères du russe...
(« Seghir » est peut-être plus joli, mais cette écriture induit en erreur la totalité de ceux qui se contentent de le lire, et entendent un G là où se trouve un R. Je trouve crispant et ridicule d’entendre constamment parler d’« Agare Faradi » à propos du plus grand réalisteur iranien)

Bob 07 17/06/2017 12:23

Pour enseigner l'arabe à l'école (primaire ?) il faudrait déjà former des enseignants ; si on devait procéder comme nos amis Algériens dans les années 70-80 en recrutant des garçons coiffeurs et des apprentis tourneurs-fraiseurs pourvu qu'ils fussent Palestiniens (néanmoins vecteurs d'une certaine idéologie...) le résultat pourrait être décevant... Sourions un peu : vous lisant " les citoyens français d’origine arabe sont aujourd’hui aussi nombreux [...] " je ne suis pas certain que la phrase passerait si facilement que ça dans les rues de Tizi Wezzu ou Vgayet (sic.). Sinon, votre santé physique vous convient-elle ?

Yves-André Samère 17/06/2017 12:56

« Si on devait procéder comme nos amis algériens dans les années 70-80 en recrutant des garçons coiffeurs et des apprentis tourneurs-fraiseurs ». La France a fait mieux, ou pis. À la fin des années cinquante, elle recrutait des enseignants pour le bled algérien. On baptisait « instructeurs » ceux qui n’avaient que le BEPC (aujourd’hui Brevet des Collèges), et « moniteurs » ceux qui n’avaient que le Certificat d’Études. Et je me suis fait un plaisir de souligner qu’Enrico Macias avait été un de ces instructeurs, après un court stage d’initiation à l’École Michelet de Constantine. Lui qui raconte partout qu’il a été instituteur...

Quant aux Algériens eux-mêmes, après leur indépendance, ils ont fait feu de tout bois, et accordé à tout berzingue des promotions surprenantes. Comme ce garçon qui avait échoué à son CAP d’instituteur, et qui est devenu... Inspecteur de la Jeunesse et des Sports !

Ma santé physique va cahin-caha, comme on ne dit plus guère, sauf si on s’appelle Macron.

DOMINIQUE 17/06/2017 07:32

Entièrement d'accord. Qu'au moins la langue arabe puisse être enseignée comme l'espagnol, l'anglais ou l'allemand. Les gamins y gagneraient en assurance, en identité (incidemment que cette langue ne soit pas considérée comme un truc de racaille), et surtout c'est une langue avec des écrivains et des poètes remarquables.

Yves-André Samère 17/06/2017 09:06

Exactement ! Mais, en France, le pli est pris de mépriser ce qu’on ne connaît pas.