Examens amusants

Publié le par Yves-André Samère

Je suis si gâté par Dame Nature qu’il ne se passe guère de semaine où je n’ai pas de rendez-vous à l’hôpital. Attention, je ne cherche pas à me faire plaindre, car je suis plutôt privilégié, en comparaison avec le sort de certaines personnes que j’ai rencontrées. Mais enfin, j’informe, et je tâche de rigoler de ma façon de vivre.

Ainsi, en vue de mettre un peu de sel dans mon été, mon médecin hépatologue (spécialiste du foie) a programmé pour mon bonheur deux examens à faire avant la rentrée : une fibroscopie et une coloscopie, histoire de voir à quoi ressemblent mes intérieurs.

La fibroscopie est très amusante, et je vous la conseille. Cela consiste à vous enfoncer un mince tuyau dans la bouche et à le pousser jusqu’à ce qu’il atteigne l’estomac. Naturellement, si ledit tuyau ne se terminait pas par une mini-caméra, ce serait sans charme. Quel dommage que le film ainsi enregistré ne soit pas remis au patient à l’issue de cette partie de plaisir ! Cela vaudrait tous les films de vacances sur la Costa Brava.

La coloscopie, c’est presque pareil, à ce détail près que la cible n’est pas la bouche, mais l’hémisphère sud. Si vous êtes réveillé, et que vous êtes placé face au moniteur qui affiche l’exploration, vous bénéficiez d’une vue imprenable sur votre côlon, qui est le gros intestin. Comme il mesure environ un mètre à un mètre et demi, c’est évidemment beaucoup plus palpitant qu’un tournage à l’intérieur de votre estomac : on y peut admirer des tas de choses passionnantes.

Comment je le sais ? Parce que cet examen, qu’on m’a fait en septembre de l’année dernière, l’a été sans anesthésie (la fibroscopie, également, et même deux fois). Quoi ! Masochiste, votre très humble serviteur ? Pas du tout. C’est simplement qu’une anesthésie générale est censée comporter quelques risques d’évanouissement une fois que vous êtes réveillé, et que, l’État veillant sur vous comme sur les réserves de la Banque de France, on exige, avant l’examen, que vous fassiez venir un accompagnateur, censé vous ramener chez vous. Si vous n’avez personne, ce qui est mon cas, pas d’anesthésie. Belle illustration du principe de précaution, qui garantit surtout la tranquillité des médecins ! Lesquels, vous aviez compris, redoutent les procès tels qu’on en fait volontiers aux États-Unis.

N’accablons pas le corps médical : il protège avant tout ses propres membres, fût-ce en infligeant aux patients un examen répugnant, la fibroscopie, et un examen douloureux, la coloscopie. Moi, je me régale d’avance.

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