Les drogués de l’animation

Publié le par Yves-André Samère

Lors des débuts de la télévision en France, il n’existait quasiment pas d’émissions publiques, mis à part les divertissements du genre d’Intervilles. Aucune en studio, en tout cas. De ce fait, il n’existait donc pas non plus de chauffeurs de salles.

Les chauffeurs de salles sont apparus très tardivement, là où on admettait un public chargé d’obéir au doigt et à la baguette afin de montrer qu’il s’amusait. Ce qui donne les émissions d’aujourd’hui, sans cesse ponctuées de salves d’appaudissements – souvent lancées à contretemps –, sauf celles qui relèvent de la culture, devenues rarissimes, et les débats politiques, où on considère comme indécent (pour encore quelque temps) que le public exprime son contentement.

C’est qu’aujourd’hui, les animateurs d’émission sont de véritables drogués, ce qui a permis à un ancien présentateur de journal télévisé, Bruno Masure, d’écrire au moins deux livres satiriques sur ce htème, La télé rend fou... mais j’me soigne, en 1987, et La télé rend définitivement fou, en 1985. C’est que lui n’a jamais animé aucune émission publique, n’ayant été occasionnellement que simple participant à une animation au Fou du Roi, et il a gardé les pieds sur terre.

À l’origine, les animateurs de télé n’étaient pas ces drogués aux applaudissements que nous connaissons de nos jours, parce que, tout simplement, sur les plateaux de télévision, on avait rarement l’occasion d’applaudir. Or ces drogués, lorsqu’ils sont obligés de quitter leur chère télévision, ne s’y habituent jamais, et souffrent le martyre de ne plus être applaudis. La Sécu devrait être mise à contribution, selon moi, et leur verser des indemnités.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :