Apprenons l’étymologie !

Publié le par Yves-André Samère

L’éducation nationale ne devrait pas laisser de côté côté l’étymologie. On devrait l’enseigner à l’école primaire. Je sais, les emplois du temps des enfants sont déjà surchargés, mais pourquoi ne pas laisser tomber, par exemple, les fameuses « activités d’éveil », qui n’ont d’autre effet que de les abrutir avec des niaiseries ? Au delà de l’école maternelle, on pourrait les ranger – les niaiseries, pas les enfants – dans le placard des choses sans intérêt, et apprendre aux gosses une science utile et passionnante.

C’est que découvrir comment se sont formés les mots de notre vocabulaire, et comment ils se sont peu à peu transformés, aiderait à comprendre ce qu’on dit et à éviter les imbécillités dont notre langage actuel est truffé, et de plus en plus. C’est que les Français se désintéressent de leur langue, ils abandonnent, honte à eux, ce soin et cette préoccupation aux Québécois,  et la laissent phagociter par le pseudo-anglais qu’on entend et qu’on lit partout : voyez les enseignes de magasin, une sur deux sort de ce tonneau prétendu international. Et ce n’est même pas de l’anglais authentique (prévenez-moi quand vous entendrez prononcer correctement le nom de la ville de Greenwich !).

Vous croyez que, si l’étymologie était enseignée, tant de crétins, dans toutes, absolument toutes les couches de la société, confondraient technique et technologie ?

Le vocabulaire français, de jour en jour, se réduit comme peau de chagrin. Cela ne vous frappe pas, tous ces mots ultra-répandus il y a quinze ou vingt ans, qui ont totalement disparu ? Que plus personne ne connaisse le verbe travailler (on préfère dire « bosser »), les noms remède et médicament (on préfère dire « médoc »), les adjectifs louche et suspect (on préfère dire « glauque »), l’expression gardien de prison (on préfère l’argotique injurieux « maton »), le verbe séduire (on préfère dire « pécho », tellement plus élégant) ?

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

M
Ce qui m’attriste le plus, outre l’appauvrissement continu du vocabulaire que vous soulignez périodiquement, c’est la disparition généralisée des formes interrogatives et négatives. Ces grands professionnels de l’expression française que sont les journalistes ne soignent plus le fond ni la forme de leurs interventions. « Et ça vous fait quoi ? » ou « Vous en pensez quoi ? » sont les deux questions les plus répandues à la radio, à la télé. Qu’ont-ils appris à l’école ? (et je ne parle même pas des 5 ans d’école de journalisme). Préparent-ils leurs reportages ? Un enfant de 8 ans serait capable de mener les mêmes entretiens avec plus de pertinence. Quant à la forme négative, elle n’est pas mieux traitée (Vous z’avez pas compris ?). Le corollaire de cette indigence est la systématisation des micro-trottoirs, entendez par là l’interview de gens qui n’ont rien à dire, et qui le disent mal.
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Y
J’avais justement l’intention de consacrer un petit billet à cette expression très répandue chez les babouins des médias (et pas seulement chez eux, car ils ont fait école) : « Tu fais quoi pendant les vacances ? ». C’est devenu si répandu qu’on n’entend même plus cette horreur, et que même les gens célèbres la répandent. J’imagine que bientôt, Alain Rey va la déclarer correcte et la placera dans son Robert !
M
Je vais peut-être passer pour un imbécile mais je ne tire pas grand chose de mes deux années de latin. Je ne suis jamais parvenu à saisir correctement les conjugaisons, les exercices étaient efficaces...pour m'endormir. Idem pour mes camarades. Nous ne suivions pas le rythme. Il y avait pénurie de manuels, ça ne rimait à rien. Pour autant, je ne nie absolument pas l'importance de cette langue morte.

Concernant les enfants, je suis bien d'accord qu'il faudrait leur inculquer une science " utile et passionnante ". Cela impliquerait selon moi qu'on leur apprenne à lire beaucoup plus tôt, ce qui n'est pas insurmontable, loin de là.
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D
MF, la grammaire latine m'a toujours été un boulet... et dans une version mémorable, j'ai quand même décidé qu'Hannibal avait fait fondre les rochers des Alpes avec du vinaigre (je ne sais plus ce que j'ai fait des éléphants). Sans commentaire (à part la tête réjouie du professeur). Seulement, à force d'avoir à triturer des verbes, des mots, des phrases, traduire, traduire, et surtout traduire, il reste un solide socle linguistique qui imprègne toute une vie.
Donc, comme vous le dites, le plus important c'est de leur faire pratiquer et donc aimer la lecture, l'écriture, le vocabulaire. C'est là aussi une base pour franchir bien des obstacles. On oublie trop souvent que le vocabulaire est une immense richesse pour celui qui le possède.
Y
Tu ne passeras jamais pour un imbécile, cher Mathéo, et il est vrai que le latin, pour le peu que j’en sais, est difficile. Mais on trouve des livres qui sont plus efficaces que les cours reçus en classe. Apprendre aux enfants à lire plus tôt, je l’ai toujours souhaité. Mais cela dépend des parents, qui peuvent en prendre l’initiative sans attendre l’âge « légal » de six ans !
D
Ayant eu la chance de faire du latin de la sixième à la terminale, je mesure combien l'étymologie est importante. Car quand je tombe sur un mot à racine grecque, ce mot me paraît comme "fermé", étranger. Il n'a pas la profondeur des mots à racine latine.
Un ami Irlandais m'a dit que nous avions de la chance de pouvoir étudier la langue à l'origine du français. Cette chance, l'Education Nationale l'a sauvagement piétinée : le latin ne servirait à rien si ce n'est à encombrer les pauvres têtes blondes de nos chérubins.
Sans compter que le latin permet aussi de mieux comprendre des langues telles que l'italien ou l'espagnol.
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D
Question de se débrouiller comme vous pouvez, je vous fais entière confiance !
Y
J’approuve tout ce que vous écrivez ici. Malheureusement, on n’étudiait pas le latin dans les écoles où je suis passé. Il me reste donc à me débrouiller comme je peux.