C’est vrai que, voilà...

Publié le par Yves-André Samère

J’ai souvent raillé ces bavards imprévoyants qui truffent leurs tirades de « Voilà ! », ce mot qui leur sert de signe de ponctuation lorsqu’ils s’embarquent dans un discours dont ils n’ont pas réfléchi à la façon de le conclure. En revanche, je ne me souviens pas d’avoir parlé d’un tic verbal qui a sévi durant de longues années : commencer une phrase par « C’est vrai que... ». Or, ce matin sur France Inter, un député européen espagnol (la sotte derrière son micro l’a qualifié par deux fois de « catalan ET espagnol »), a truffé son intervention d’une bonne douzaine de « C’est vrai que... ».

Ce député retarde un peu, car cette lubie est assez ancienne et un peu oubliée – parce que les scies à la mode finissent souvent par se démoder –, mais elle avait été pointée dans une pièce de théâtre en 2002, que j’avais vue à la télévision, Un petit jeu sans conséquence, de Gérald Sibleyras et Jean Dell. Il faut dire que cette expression ne servait qu’à introduire des platitudes (C’est vrai que le Soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest, c’est qu'il fait froid en hiver et chaud en été, c’est vrai que la pluie mouille), et aurait pu aisément être envoyée à la poubelle. En somme, c’est le pendant de « Voilà ! », et qui semble avoir préparé le terrain avec quelques années d’avance. Elle n’était pas incorrecte, mais elle ne servait rigoureusement à rien.

Allons, prochainement, et si Dieu me prête vie, je vous dirai ce que je pense de l’envahissant « Pas d’souci ! » et de l’horripilant « En fait ».

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