Filmer les boîtes de nuit

Publié le par Yves-André Samère

Dans les films, je n’aime pas les scènes se déroulant dans une boîte de nuit. D’ailleurs, je ne vais jamais dans ce genre d’endroit. Mais pourquoi n’aimes-tu pas ces scènes ?, vous demandez-vous avec angoisse. Eh bien, pour plusieurs raisons (j’ai déjà mentionné que j’avais toujours plusieurs raisons pour tout).

D’abord, la musique y est invariablement exécrable. De quoi vous donner envie de vous crever les tympans.

Ensuite, je sais comment on réalise pour le cinéma ce genre de scène. Vous croyez peut-être qu’on entasse quelques dizaines de figurants dans un lieu clos et qu’on les invite à y danser sur une musique prévue pour ça ? Eh bien, pas du tout. Si on s’y prenait ainsi, le bruit de la zizique empêcherait les danseurs potentiels d’entendre les ordres donnés par l’assistant du réalisateur, et il serait impossible de tourner la scène convenablement. Par conséquent, les guignols gesticulent et se contorsionnent sans aucune musique, d’autant moins qu’à ce stade, on n’a pas encore choisi la musique qui sera collée sur la bande sonore ultérieurement, au moment du mixage comme toujours. Les figurants sont invités à se tortiller dans le silence, et ce n’est pas très difficile, tout ce qu’on leur demande est d’avoir les bras en l’air et de sembler contents de se ridiculiser ; car enfin, on n’est pas en train de réaliser la scène de valse dans Le guépard, n’est-ce pas, et il n’y a aucune raison de se fatiguer à synchroniser les mouvements avec le rythme de la « musique ».

Très rarement, la musique du film est choisie AVANT le tournage, et si vous voyez Baby driver, film d’action sorti récemment, vous constaterez que, là, on a fait des efforts, et les scènes de fusillade ont été calquées sur la musique déjà prévue au départ, les bruits de balles suivant exactement les rythmes des airs enregistrés, par exemple sur Brighton Rock de Queen, ou sur Tequila, par The Champs. Et ça, c’est du très bon travail. Si bien que j’ai vu le film deux fois, et que je le téléchargerai dès qu’il apparaîtra sur mes sites habituels.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

cacciarella 25/08/2017 18:51

Ca dansait bien et ça jouait bien avec Mezz Mezzrow , Claude Luter , Rex Stewart et Bernard Peiffer au Piano qui ,ave Jean Wiener avait écrit la musique de "Rendez-vous de juillet" de Jacques Becker .

Yves-André Samère 25/08/2017 19:28

Ce n’était pas ce qu’on appelle aujourd’hui une « boîte de nuit », genre d’établissement qui, de nos jours, n’emploie aucun musicien, mais uniquement des “disc jockeys”, lesquels se contentent de passer des disques pour inciter des décérébrés à se dandiner lourdement sur place comme des plantigrades atteints de gastro. L’endroit dont vous me parlez était plutôt un club de jazz. Il en reste quelques-uns, heureusement, comme le Caveau de la Huchette, ou le Petit Journal, à Montparnasse. Pas des endroits où l’on croit danser.