Porter plainte contre Molière et Agatha Christie

Publié le par Yves-André Samère

Quand un chanteur (ou une chanteuse, peu importe), qui s’illustre dans la variétoche, voit ses ventes de disques en baisse, rien de mieux qu’une bonne polémique pour donner un coup de fouet au petit commerce de ses inepties sonores. C’est le cas de la « chanteuse » Lââm, qui, via Twitter, vient de s’attaquer à la chaîne de télévision TMC – celle-là même qui diffuse les émissions de Barthès. Lââm prétend que TMC a fait preuve de racisme en diffusant le mini-feuilleton britannique Dix petits nègres, et braille qu’on aurait dû en changer le titre.

C’est vrai, ça, la censure, rien de mieux pour éduquer les foules. Et puis, de la part d’une chaîne de télé, rien de plus facile que de modifier le titre d’une œuvre quelconque, si on veut bien s’asseoir sur les droits de diffusion !

Moi, vous me connaissez, je suis très favorable à la censure. Et le racisme me flanque de l’urticaire. Je compte par conséquent déposer une plainte en justice contre Agatha Christie, qui avait choisi ce titre pour son roman, publié en... 1939. Dame Agatha aurait dû prévoir qu’elle scandaliserait une chanteuse née en 1971. Et si la justice veut bien me suivre et coller une forte amende à la reine du crime (Agatha Christie, pas Lââm), je me sentirai encouragé à porter plainte contre Molière, ce saligaud qui, dans sa pièce L’avare, fait dire à son personnage de Cléante, lequel avait voulu emprunter de l’argent à un prêteur anonyme (en ignorant qu’il s’agissait de son propre père Harpagon), et apprenait que les intérêts exigés seraient de 25 %, « Comment diable ! Quel Juif ! Quel Arabe est-ce là ? »

Hélas, Lââm ne connaît sans doute pas Molière. Elle ne connaît sans doute pas non plus TF1, petite chaîne confidentielle qui a diffusé le même mini-feuilleton le 20 décembre 2016, malheureusement doublé en français, et que j’ai téléchargé dès le lendemain. On y voyait notamment Sam Neill, Miranda Richardson, et le grand Charles Dance dans le rôle du juge qui faisait assassiner tout le monde et se suicidait à la fin.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 03/08/2017 09:58

Il faut condamner aussi la reine de France, épouse de Louis XIV, Marie Thérèse : n'avait-elle pas un "négrillon" (je souffre rien qu'à écrire ce mot) comme distraction ? En tout bien tout honneur, mais enfin, ne pouvait-elle pas dire "afro-européen", puisque afro-américain n'existait pas encore, comme tout le monde ?

Yves-André Samère 03/08/2017 10:20

Quel voyage dans le temps ! Et H.G. Wells n’était même pas né.