Se laisser rouler par la SNCF ?

Publié le par Yves-André Samère

Supposez que vous montiez dans un train sans avoir eu le temps d’acheter un billet, et que, désireux de faire valoir cet argument devant un contrôleur, vous ne trouviez aucun contrôleur avant le départ du train.

Eh bien, vous ne pouvez pas être sanctionné ! Le 23 février 1979, le tribunal de police de Caen a relaxé un voyageur qui s’était trouvé dans ce cas. Pour le tribunal, la faute incombait à la SNCF, qui aurait dû prévoir davantage de guichets (même chose pour les composteurs permettant de poinçonner le billet avant de monter dans le train, si on vous reproche de n’avoir pas composté votre billet).

Dans une affaire semblable, le tribunal de Metz a rendu le même verdict, argüant que la carence de la SNCF plaçait l’usager devant l’alternative de devoir renoncer à son voyage ou d’encourir une amende. Quant à l’amende elle-même, elle est pittoresque : si on la paye immédiatement au contrôleur, son montant tombe dans les caisses de la SNCF (ou de la RATP dans le cas du métro de Paris), mais si on la conteste avant de la payer ultérieurement, l’argent va à l’État !

Et pour ce qui est de la carte d’abonnement oubliée, on peut toujours la produire ultérieurement, ce cas ayant été jugé par la cour d’appel de Paris le 3 avril 1991.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Cyril 09/08/2017 18:28

Je n'ai jamais bien compris pourquoi il fallait composter son billet quand celui-ci n'est valable que pour UN trajet précis à UN horaire donné. Si on rate son train, le billet n'est tout simplement plus valable ! Mystère...
Sinon, il semble qu'il n'y ait qu'en France qu'on ne puisse pas acheter de billet directement dans le train. Dans la plupart des autres pays d'Europe, on peut s'adresser au contrôleur pour en obtenir. À croire que le but de la SNCF, c'est de se faire du fric en piégeant les voyageurs...
C'est un peu la même chose avec les horodateurs, il faut partir en mission pour trouver celui qui fonctionne (ou accepte la carte bancaire). Et pendant ce temps, on peut être verbalisé...

Yves-André Samère 10/08/2017 15:04

On peut acheter son billet dans le train si on arrive à capturer à temps un contrôleur disponible. Généralement, ils se cachent et apparaissent quand il est trop tard pour négocier. J´ai été piégé par l´un d´eux, mais j´ai refusé de payer l´amende. J´ai réglé le prix de mon billet, et rien de plus.

DOMINIQUE 08/08/2017 23:23

A part cette histoire de billet, ce qui m'étonnera toujours, c'est l'incapacité chronique de la SNCF à renseigner les usagers coincés dans un train arrêté au milieu de nulle part. Jamais, au grand jamais ils ne diraient "ben bon on ne sait pas exactement, mais ya un pépin". Non. Silence.
Comme si on était une cargaison de sacs de patates. On l'a bien vu lors du week-end dernier, où là ils ont déployé toute leur incompétence.
Mais on a des TGV ! Qui coûtent une fortune, qui véhiculent une quantité infime par rapport aux usagers quotidiens. Qui eux, les quotidiens, se farcissent des trames pourries, des retards et des guichets évanescents. Sans compter le risque d'accident à cause du vieillissement du matériel. Mais un bon TGV, c'est tellement plus prestigieux que ces transports de bétail de banlieue.

Yves-André Samère 09/08/2017 08:39

Tout pour la frime. C’est la politique française !