Quand apprendre à lire ?

Publié le par Yves-André Samère

La semaine dernière, dans je ne sais plus quelle émission de radio, j’ai entendu le passeur de plats demander à une dame qu’il avait invitée quel était son plus ancien souvenir. La dame répondit que c’est la voix de sa mère, à l’école maternelle. Je n’ai pas retenu en quoi cette mère était associée à une école maternelle (elle était peut-être institutrice), mais je me suis fait la réflexion que cela n’aurait jamais pu m’arriver, car je n’ai jamais fréquenté aucune école maternelle.

Quoique si, pendant une semaine. Ma mère avait dû faire un séjour d’une semaine à l’hôpital afin de mettre mon frère au monde, et mon père, avec son travail, ne pouvant s’occuper d’un enfant de cinq ans, avait choisi de me confier pour quelques jours à l’école primaire des religieuses de Saint-Vincent-de-Paul. Il lui suffisait de m’y déposer le matin et de me récupérer le soir. Je ne sais à quoi j’ai bien pu m’occuper durant cette semaine, mais ce court séjour m’a donné l’occasion de vérifier que, si on ne sait pas lire, on ne peut que s’ennuyer (surtout chez les sœurs).

Si bien que, de retour à la maison, je conçus le projet d’apprendre à lire, et fissa ! De sorte que, deux mois plus tard, et prenant prétexte que je voulais pouvoir lire dans le journal les résultats du Tour de France, je tarabustai mon père afin qu’il me donne quelques rudiments de lecture. Or vous savez combien les enfants sont tyranniques. Plutôt que de chercher un prétexte idoine pour repousser la corvée, mon géniteur consentit à me montrer l’alphabet et la manière d’arranger les lettres, puis m’abandonna à mon sort, et cela me suffisait bien. Les occasions de lire ne manquaient pas : il y avait le magazine féminin de ma mère, le magazine ultra-masculin de mon père, plus le journal quotidien « La Dépêche », plus les bandes dessinée que me prêtaient mes voisins. Si bien que, moins de trois mois plus tard, je pus entrer la tête haute au cours préparatoire : à cinq ans et cinq mois, je savais lire. Je réclamai alors d’être abonné à deux journaux pour enfants, et passait le reste de mon existence à lire tout ce qui me tombait sous la main. Cela dure encore.

J’ai toujours estimé bizarre qu’on n’apprenne pas la lecture aux enfants avant l’âge (officiel) de six ans. Il y a quelques années, un de mes amis est devenu père d’un fils né comme moi fin avril, et je me suis étonné qu’à la rentrée suivante, il ne l’inscrive pas à l’école. Le gosse, pas plus bête qu’un autre, a dû attendre l’âge de six ans et demi avant d’y goûter.

On a condamné certains parents aux galères, et pour moins que ça !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

MF 10/09/2017 11:29

Eh bien moi, comme toute une génération, j'ai appris à l'âge officiel de six ans. Mais avant de savoir lire, j'ouvrais des livres et inventais des histoires (pour moi-même) en les récitant haut et fort, si bien que les autres gens croyaient que je savais lire avant l'heure. C'était faux bien sur...

Yves-André Samère 10/09/2017 14:52

Mathéo, tu es délicieusement pervers. Faire semblant de savoir lire et rouler tout le monde ! J’aurais aimé posséder ce talent. Hélas, je SAVAIS lire...

DOMINIQUE 10/09/2017 08:11

C'est en effet une idée qui est évoquée ces derniers temps. Marcel Pagnol a appris à lire très jeune, car il était dans la classe de son père qui enseignait des plus grands que lui. Sans que son père s'en rende compte, qui ne faisait que le garder.
J'avoue qu'étant la cadette, j'avais très très envie de savoir lire. Dès que j'ai été au Cours Préparatoire, j'ai entamé "les malheurs de Sophie" après deux mois d'enseignement. Je cassais les pieds de ma mère (enfin, je me souviens plutôt de son sourire amusé) en lui racontant ce que 'j'avais lu, quotidiennement ! Cette envie de lire ne m'a plus jamais quittée.
Je crois qu'en effet les enfants pourraient savoir lire plus tôt, que ces fameux 6 ans, sans doute institués par quelque crâne d'oeuf.

Yves-André Samère 10/09/2017 09:21

Il est connu (et reconnu) que plus on est jeune, plus l’esprit est capable de s’adapter à tout. Par conséquent, placer une limite basse pour l’apprentissage de la lecture est un non-sens. Très jeune, on est curieux de tout. Alors, pourquoi pas des lettres ?