Un salaud limogé à Hollywood

Publié le par Yves-André Samère

On a su aujourd’hui qu’Harvey Weinstein (s’il vous plaît, ne prononcez pas à la manière allemande – comme ces crétins de critiques français qui prononcent « Chpilbergue » –, on doit entendre « ouène-stinne ») s’était fait débarquer aujourd’hui de sa propre compagnie, la Weinstein Company, qu’il avait fondée avec son frère Bob, en raison de sa réputation (méritée) de voyou du cinéma hollywoodien, accusé qu’il était de harcèlement sexuel. Pour tout dire, il était détesté par un peu tout le monde, surtout les actrices, mais pas uniquement. Comme quoi, être un des grands patrons du cinéma ne vous garantit de rien.

Je n’ai pas été surpris. Weinstein, je le connaissais depuis des années, notamment pour avoir lu les livres de Peter Biskind, Sexe, mensonges et Hollywood (titre français calqué sur celui du film Sexe, mensonges et vidéo, de Steven Soderbergh, qu’il avait produit en 1989, quand la compagnie des deux frères s’appelait encore Miramax). Il y avait eu également Le nouvel Hollywood, aussi passionnant, et un troisième, recueil d’articles passablement ennuyeux et que je n’ai pas réussi à finir. Histoire de rire, c’est dans ces livres que j’avais appris que le scénario de Bonnie and Clyde avait été écrit par deux scénaristes états-uniens, qui le destinaient absurdement à... François Truffaut ! Dommage que Truffaut ait décliné l’offre, on aurait pu voir Jeanne Moreau en Bonnie et Jean-Pierre Léaud en Clyde...

Biskind avait écrit à leur sujet qu’« à leurs débuts, les frères Weinstein n’étaient que des charognards se jetant sur des films – n’importe quoi sur pellicule – auxquels les autres n’auraient pas touché, même avec des gants. Comme bien d’autres dans le milieu, ils ont quelques mauvais films érotiques sur la conscience |…]. Le sexe faisait vendre, ils l’avaient compris ». Qu’écrirait-il aujourd’hui ?

Mais comme Bob et Harvey savaient y faire, ils ont collectionné les Oscars, souvent à coups de bakchichs, et même The artist, qui a fait la gloire de Jean Dujardin, a été oscarisé grâce à leur influence ! Et ils avaient vendu leur compagnie Miramax à Disney, or, en désaccord avec leur nouveau patron, ils en ont démissionné en 2005, pour fonder la Weinstein Company. Mais comme Harvey n’a pas de problèmes d’argent, il n’aura aucun mal à rebondir grâce à ces nombreux « amis » que le fric procure ! Et je pense souvent à ce que disait Henri Jeanson, le meilleur scénariste-dialoguiste du cinéma français, qui disait, des producteurs, qu’il en avait connu de ruinés, mais aucun de pauvre.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Oui, ils en font les gorges chaudes depuis plusieurs jours dans les journaux anglais, notamment (et évidemment) le Daily Mail, qui adore ce genre de nouvelles. Notamment ils rapportent que ce gentil garçon s'est masturbé devant une journaliste venue l'interviewer, en lui faisant une proposition que je n'ai pas bien comprise (mon argot anglais est très limité, notamment en termes pornographiques. Je ne suis que candeur et innocence).
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Y
J’ai lu la page. Ça se répète beaucoup, et on n’y apprend rien.
D
il y a une quantité d'articles concernant ce charmant individu depuis la "découverte" de ses agissements, il suffit de taper dans la barre de recherche "weinstein".
http://www.dailymail.co.uk/news/article-4963526/Kathie-Lee-Gifford-forced-watch-producer-masturbate.html
Y
Envoyez-moi le texte, je le traduirai en rougissant de honte.