Bide annoncé pour l’écriture inclusive

Publié le par Yves-André Samère

J’espère – et je crois – que cet engouement ridicule et très limité pour l’écriture inclusive va déboucher sur un bide. Je l’espère parce que je crois que les féministes sont en train de se couvrir de gloire, celle qui salue les beaux projets voués d’avance à l’échec. Et je le crois parce qu’il y a une excellente raison pour tout cela échoue. Pourquoi ? C’est très simple.

Nous apprenons à parler bien avant d’avoir l’intention d’écrire. L’écriture n’est que la trace des mots qui ont été dits, et il est évident que les hommes ont parlé avant de seulement songer à les rédiger pour en garder une trace. Or l’écriture inclusive est une complication, non seulement inutile parce que d’origine politique, mais qui ne peut pas se concrétiser oralement. Comment les activistes de ce gadget purement visuel sauront-ils prononcer une expression aussi alambiquée que les auteurs·e·s ? Comment feront-ils entendre cette orthographe bizarre, qui n’a rien de naturel ? D’ailleurs, Littré dit que « La fin (il veut dire “le but”) de l’orthographe est de peindre la parole par des signes, qui, selon leur destination une fois fixée et convenue, deviennent l’image des sons particuliers qui entrent dans la composition des mots ».

Curieusement, je n’ai entendu personne avancer cet argument, qui me paraît pourtant décisif. Les intellectuels trouveront peut-être un truc quelconque pour s’en sortir, mais le peuple ? Je le vois mal entrer dans ce jeu stupide.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

M
Vous ne me harcelez pas du tout. C'est plutôt moi qui n'ose plus de peur de faire pot de colle !
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Y
Allons bon, voilà que je fais peur, à présent ! Détends-toi, et imagine que je viens de traîner De Gaulle dans la boue.
M
Dans tous les cas, et bien que nous soyons moins en contact en ce moment, sachez que je suis toujours aussi fidèle au blog. Je ne vous oublie point !
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Y
Je ne t’oublie pas non plus, mais je ne veux pas te harceler. C’est toi qui décide.
M
Mon avis sur l'écriture inclusive ? C'est très simple, l'homme s'ennuie. Et quand l'homme s'ennuie, il invente tout et n'importe quoi sans réfléchir (ce qui est un paradoxe propre à lui seul), histoire de passer le temps. En effet, il n'y a que lui qui peut s'encombrer volontairement d'un tas de choses inutiles tels que les principes, la guerre ou le protocole. L'écriture inclusive est un exemple de cette absurdité permanente. Elle ne sert à rien mais tout le monde en est fier. C'est un progrès mais un progrès dans le vent. Tout au plus, elle est parvenue à satisfaire la vanité de quelques bougres qui se veulent intellectuels mais ne savent même pas raisonner de manière aussi évidente que Littré. Moralité : l''écriture inclusive est une chose incompréhensible et encombrante. Jetons-là à l'eau pour alléger le poids de notre esprit !
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Y
Évidemment, je suis d’accord.
D
J'ai surtout la désagréable impression que ces gens ne veulent surtout pas mettre les mains dans la crasse : les violences conjugales, la discrimination au travail, les viols collectifs... c'est plus classe de vouloir réformer la langue française, là ça pose son homme sans qu'il se salisse avec des problèmes triviaux.<br /> Résultat, ils massacrent la notion de féminisme en la rendant ridicule.
Y
Globalement, je suis en accord avec tout ce que tu écris là. Mais l’ennui n’est pas la seule cause, il y a aussi la vanité de changer les choses, surtout quand le changement porte sur des habitudes très anciennes et qui fait un maximum de bruit. Comme c’est le cas ici.
D
J'avais fait allusion dans un commentaire précédent au fait que l'écriture était née après le langage, mais sans l'approfondir comme vous l'avez fait ci-dessus. C'est l'évidence même, et c'est par ce biais que cette "écriture" ne pourra être généralisée.
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D
Peut-être, mais en tout cas personne, comme vous l'avez souligné, n'y a fait allusion. Ce matin sur Inter un académicien a évoqué des tas d'arguments, mais pas celui-là en tout cas. Donc ce n'est pas évident pour tout le monde.
Y
Oui, je ne suis capable de voir que les choses évidentes !