L’amiante contre la miante

Publié le par Yves-André Samère

Belle coïncidence : hier, le site slate.fr nous révélait que 314 intellectuels se prononçaient en faveur de l’abandon d’une règle datant de plusieurs siècles, et qu’on résume ainsi : en grammaire, le masculin l’emporte sur le féminin. Une lubie démagogique, cette révolution de palais (présidentiel), à laquelle même le ministre de l’Éducation nationale est opposé. Or, dès aujourd’hui, j’ai entendu à la radio un brave type qui milite contre l’amiante, et qui a déclaré que, sans les militants qui sont de son bord, l’amiante n’aurait jamais été interdite.

Sic.

Bien, je ne vais pas faire semblant de croire que ce brave homme s’est converti à ladite lubie. Mais il a peut-être obéi à une impulsion de son cerveau, qui s’est laissé abuser par l’association « l’amiante » - LA miante. En fait, il est comme la plupart des Français, incapable de vérifier dans un dictionnaire le sens et surtout le genre des mots.

Alors, pour lui et quelques autres, mettons les points sur les I : amiante est un nom MAS-CU-LIN. Et la nouvelle mode de la féminisation forcenée ne le concerne en rien.

Qu’on se le dise.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

C
Je me plie volontiers à ce que dans notre grammaire le genre masculin l'emporte sur le genre féminin et sans machisme de ma part : quand j'étais militaire il m'est arrivé d'être une sentinelle ou une estafette, je ne m'en suis pas senti émasculé pour autant. Il faut que je soit arrivé à un âge soi-disant respectable pour que les promoteurs de l'écriture inclusive me les brisent menu!
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Y
Exact ! D’ailleurs, j’ai déjà cité ces mots et quelques autres. Sans compter les curiosités comme « laideron », nom masculin qui désigne toujours une femme. 
D
Mettre de la morale dans l'écriture, exactement.
On écarterait drastiquement l'expression écrite de l'expression orale. Ce qui est contraire à toute langue, quelle qu'elle soit : l'oral a précédé l'écrit, et l'écrit ne fait que refléter l'oral, en imposant des règles (la grammaire) pour qu'il n'y ait pas de confusion dans la signification.
On imposerait une contrainte supplémentaire à une langue considérée comme difficile à apprendre. Et si cela perdurait, les nouvelles générations seraient-elles capables de lire l'écriture "non inclusive" ? Pas si sûr.
Contrairement à ce qu'il est dit, cela appauvrirait notre langue, en lui supprimant une nuance.
Et puis, heureusement le ministre de l'Education est contre, ainsi que les Académiciens. Pardon Académicien.e.s. Repardon : Académicien.ne.s
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Y
Espérons que ce ne sera qu’une mode passagère, comme de dire « au niveau de » ou « c’est vrai que ».
D
Ne me parlez pas de l'écriture "inclusive", je sens que l'urticaire n'est pas loin.
Le masculin quand il "l'emporte sur le féminin" n'est autre chose qu'une règle mnémotechnique. En fait, il devient en quelque sorte le neutre de notre langue. Ce qui n'est pas forcément très flatteur.
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Y
La règle vise surtout à rendre l’expression plus facile à maîtriser. L’écriture inclusive va tout compliquer si elle gagne du terrain. Et je ne crois pas qu’il faille colorer de morale la manière d’écrire. Espérons que le citoyen de base, celui qui n’écrit pas dans les journaux, va traîner les pieds.