En fait...

Publié le par Yves-André Samère

Ce soir, sur TMC, Yann Barthès ouvrait son émission Quotidien avec une invitée dont la célébrité provisoire tenait à son obésité. Elle a écrit un livre, On ne naît pas grosse, par lequel elle entend combattre ce qu’elle appelle la « grossophobie », une phobie dont, jusqu’à ce jour, je n’avais jamais entendu parler. Thème de son discours : cessez de vouloir nous culpabiliser, nous sommes normales – elle ne parlait qu’au nom des femmes.

Et c’est vrai que cette dame est grosse, elle bat Guy Carlier dans sa plus belle époque, quand je l’avais découvert dans un studio de France Inter, au Fou du Roi. Carlier prenait d’ailleurs la peine de venir s’installer avant l’arrivée du public, pour éviter les réactions gênantes dans le public, et ne bougeait plus de sa chaise jusqu’à la fin de l’émission.

Ce soir, très vite, j’ai coupé le son de mon téléviseur. Pas parce que l’obésité de cette femme me gênait, mais parce qu’elle était atteinte d’une tare beaucoup plus grave : toutes les cinq secondes, elle ponctuait son discours très verbeux de dizaines de « en fait », ce qui me tape sur les nerfs plus violemment que les « Voilà ! » de sinistre mémoire.

J’ai du mal à comprendre comment les gens qui sont atteints de pareils tics verbaux ne s’en rendent pas compte, et de l’agacement qu’ils suscitent. Personne n’a le courage de le leur dire ? Si cette femme garde quelque temps sa notoriété, elle devrait savoir qu’on ne l’écoute pas pour ce qu’elle dit (mal), mais surtout parce qu’on la voit comme un phénomène de foire. Elle me rappelle le film Freaks, de Tod Browning (en français, La monstrueuse parade), dont tous les personnages étaient des pensionnaires d’un cirque. Film difficilement regardable, et qui a fait scandale au moment de sa sortie, en 1932. Et je ne crois pas que la cause ici défendue progressera, avec un tel porte-parole.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

K
J'avais un prof d'atelier qui ponctuait son discours de "heu" . Les mauvais élèves, comme moi, restaient un peu à l'écart et notaient le nombre de "heu" tout au long du cours en faisant des bâtonnets sur un carnet. On dépassait les 200 sans peine . Mais c'était un bon professeur, alors on lui pardonnait.
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Y
J’ai eu aussi quelques professeurs atteints de cette infirmité. Mais elle fait des ravages dans tous les corps de métier.
D
La "grossophobie" met en relief la tare de notre époque "les victimes sociales". Les femmes, les homosexuels, les pauvres, les petits, les laids, les gens à accent, les étrangers, les vieux... Tous veulent être victimes d'une ségrégation quelconque.
Fatigant : ça geint, ça écrit des livres, ça ne résout rien, EN FAIT ça agace.
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Y
Sujet trop vaste pour moi, je rends mon tablier.
M
A cela, je n'ai qu'une réponse : du coup.
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Y
Donc remplacer le choléra par la peste.