Santo subito !

Publié le par Yves-André Samère

Aujourd’hui, on faisait à Paris des funérailles quasiment nationales à un chanteur célèbre. Je n’y étais pas, et j’ai déjà mentionné que jamais je n’assistais à la moindre cérémonie, baptême, communion, mariage et enterrement. Mais enfin, les autres font ce qu’ils veulent...

Le cortège a donc descendu les Champs-Élysées (la plus belle avenue du monde, comme l’ont ressassé tous les médias, toujours aussi originaux), avant de bifurquer vers l’église de la Madeleine, où se tenait un service aussi religieux qu’inutile. Ce matin, j’ai rappelé à un ami qu’Édith Piaf n’avait eu droit à rien, parce que le gouvernement, en 1963 – sous De Gaulle – avait jugé sa vie un peu scandaleuse, vu qu’elle avait eu des aventures avec tout ce que le pays comptait comme chanteurs de variétés, sauf peut-être les Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Mais le défunt du jour n’avait jamais rien fait de scandaleux, et les dirigeants actuels sont beaucoup plus coulants sur le terrain de la décence : ils se contentent d’être ridicules à plein temps.

Ensuite, la bière contenant le mort, ce qui inversait le rapport entre celui-ci et ses boissons habituelles, a gagné la Gare de l’Est, pour être chargée dans le train permettant de gagner la Suisse, où l’immense vedette avait ses petits intérêts, surtout d’ordre fiscal.

Cher Charles Aznavour, tu vas manquer à cette nation. J’entends d’ici les clameurs de la foule : « Charles, santo subito ! ». Espérons que le pape entendra la vox populi, qui aujourd’hui supplée à la vox dei.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Tiens, je croyais qu'on le mettait au frigo jusqu'au moment où il prendrait l'avion pour St Barthélémy, où il doit être enterré.
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Y
Mais non. Juste un peu distraite.
D
Gourde suis-je, gourde resterai-je !
Y
Vous êtes sûre de m’avoir bien lu ? Jusqu’au bout ?