Langue de bois : 6. Éléments de langage

Publié le par Yves-André Samère

Macron n’a rien changé aux mœurs en vigueur sous ses prédécesseurs, et il utilise toujours les fameux « éléments de langage » qui sont apparus en politique à l’orée du vingt-et-unième siècle. Or ceux-ci sont une variante récente de la langue de bois, et servent eux aussi à déguiser les vérités qui dérangent. Mais si lui tente (pas toujours avec succès) d’utiliser un langage plus châtié, ses sbires en sont restés à déguiser mensonges et insultes en s’efforçant de gommer maladroitement les aspérités de leur discours. Hélas pour eux, aujourd’hui, le public a compris le truc, et cela ne marche plus aussi bien que sous Chirac et Sarkozy.

On en a eu un exemple tout neuf, en la personne de Rayan Nezzar, qui venait d’être nommé porte-parole du parti La République en marche, créé par Macron, et qui, âgé de 27 ans, s’est fait épingler par la presse française, sur France Inter hier matin, puis dans Quotidien hier soir. Si bien que, nommé depuis cinq jours, il a dû démissionner, sans doute sous l’affectueuse pression de son patron et de ses amis énarques.

Ce garçon, originaire de Montreuil, dans la banlieue est de Paris, avait commis la même erreur que le Taré de Manhattan qui règne actuellement à Washington : il écrivait des tweets, mais injurieux, entre 2012 et 2013, alors qu’il était étudiant à Sciences Po. Ces tweets visaient Jean-François Copé, Marine Le Pen, Bruno Le Maire et Manuel Valls. Et, pris la main dans le pot de confiture par Buzzfeed.com (c’est un site d’information installé aux États-Unis), il s’est retiré hier soir, après seulement... cinq jours dans sa nouvelle fonction, comme dit plus haut – beaucoup mieux que Bayrou, par conséquent, lequel, lui, n’a jamais insulté personne, il s’était contenté de gifler en public un petit voyou qui lui faisait les poches.

Bref, les macronistes ont tenté d’excuser son langage ordurier en prétextant que c’était une « erreur de jeunesse » (sic, il avait 23 ans et il étudiait à Sciences-Po, toujours comme dit plus haut, ce n’était donc pas vraiment un rappeur). Tout cela a été brillamment démonté hier soir par Yann Barthès et son équipe, et Nezzar s’est trouvé publiquement ridiculisé, avec tous ceux qui l’ont soutenu, Castaner en tête. La suite logique n’a pas tardé.

Bon débarras, mais il risque d’y en avoir d’autres. Les voyous ne sont pas tous au Front National...

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